Archive for the ‘Brèves’ Category

Plus de 10.000 jeunes wallons bénéficient d’un Revenu d’intégration « étudiant »

mardi, avril 2nd, 2019

La Brève de l’IDD n°26 vise à actualiser, pour la Wallonie, les données concernant les jeunes bénéficiant d’un Revenu d’intégration « étudiant ».

Les principales observations :

  • La proportion de jeunes wallons de 18 à 24 ans aux études est en augmentation constante, passant d’environ 52% en 2010 à environ 60% en 2017.
  • Fin 2017, il y avait 184.000 jeunes de 18 à 24 ans aux études. Parmi les jeunes de 20-24 ans, quasiment la moitié est aux études (supérieures).
  • Fin 2017, il y avait en Wallonie 9.500 jeunes âgés de 18 à 24 ans bénéficiaires d’un RI étudiant, dont 5.800 âgés de 20 à 24 ans.
  • La barre des 10.000 bénéficiaires a été franchie fin 2018.
  • Le nombre de bénéficiaires d’un RI étudiant âgés de 18 à 24 ans a augmenté de 80% entre 2010 et 2017, avec un « saut » en 2016.
  • La proportion de jeunes de 18-24 ans aux études bénéficiaires d’un RI est passé de 3,1% en 2010 à 5,2% en 2017.
  • La proportion est plus élevée chez les 20-24 ans (5,4% en 2017) que chez les 18-19 ans (4,8%).

Plus d’informations dans la note jointe.

Les émissions de CO2 et l’impact sur le réchauffement de l’aviation

mardi, avril 2nd, 2019

La Brève de l’IDD n°25 a pour ambition de faire le point sur les émissions de gaz à effet de serre liées à l’aviation.

Deux conclusions majeures :

  • on peut estimer que l’aviation représente aujourd’hui environ 3% des émissions de CO2 liées à la combustion (la fourchette habituellement citée est de 2% à 3%);
  • on peut estimer que l’aviation représente – hors effet « cirrus » – entre 3% et 3,5% des émissions globales de gaz à effet de serre mesurées en équivalent CO2 ; si on ajoute l’effet « cirrus », pour lequel, rappelons-le, il y a de grandes incertitudes, on obtient un impact global de l’ordre de 4,2% à 4,8%.

Plus de détails dans la note jointe.

Le point sur les familles monoparentales en Wallonie

mardi, avril 2nd, 2019

Le lancement le 7 mars 2019 d’un site spécifique consacré aux « Familles monoparentales » sur le portail de l’Action sociale wallonne est l’occasion de faire le point ; la dernière Brève de l’IDD propose quelques données qui permettent de mieux cadrer cette réalité :

  • au 1er janvier 2018 il y avait en Wallonie 192.000 ménages monoparentaux, contre 121.000 en 1991
  • la part des ménages monoparentaux dans le total des ménages privés est très stable autour de 12% depuis 2006
  • il se fait, cependant, que cette statistique ne correspond pas entièrement aux images véhiculées en matière de familles monoparentales, y compris dans la communication autour de ce nouveau site, à savoir une femme seule avec des jeunes enfants et/ou des enfants aux études ; deux constats essentiels à cet égard :

– 20% des chefs de ménage monoparentaux ont 60 ans ou plus ; difficile de faire coller les 60 et plus avec le public visé par la politique wallonne !
– 20% des enfants de ménages monoparentaux ont 25 ans ou plus

  • 83% des chefs de ménage monoparentaux de moins de 60 ans sont des femmes ; la proportion des hommes est en légère croissance depuis le début des années 2000 ;
  • un quart des enfants wallons de moins de 25 ans vivent dans une famille monoparentale ; cette proportion est stable depuis 2007
  • les chefs de ménage monoparentaux sont en moyenne économiquement plus précaires que les parents en couple ; c’est ce qu’indiquent notamment les statistiques du taux de pauvreté ; quelques indicateurs plus originaux  :

– les taux d’activité et d’emploi des chefs de famille monoparentale sont plus faibles que ceux des parents vivant en couple et les taux de chômage plus élevés ; les écarts sont particulièrement importants chez les jeunes parents ;
– au sein des chefs de ménage monoparentaux on observe à tous les âges un taux d’emploi significativement supérieur chez les hommes ; les femmes monoparentales subissent donc une double discrimination ;
– la proportion de parents seuls bénéficiaires du revenu d’intégration est très élevée par rapport aux autres parents, en particulier aux âges les plus jeunes ; exemple : dans la catégorie des 18-24 ans, la proportion est de 37% (!) pour les parents seuls contre 7% pour les autres parents ;
– ici aussi il y a une différence hommes-femmes en matière de revenu d’intégration ; c’est ainsi, par exemple, que la proportion de parents seuls bénéficiaires du revenu d’intégration est environ deux fois plus élevée chez les femmes que chez les hommes à partir de 30 ans.

Deux conclusions politiques :

  1. Il faut arrêter de considérer les ménages monoparentaux comme un grand tout indistinct ; on ne peut, par exemple, considérer de la même manière une maman seule avec deux jeunes enfants et un parent seul de 60 ans qui vit avec un enfant de 35 ans financièrement autonome.
  2. Il faut se donner les moyens de mieux comprendre les constats socio-économiques concernant les parents seuls : ceux-ci sont-ils plus souvent précaires que d’autres parents parce qu’ils se sont retrouvés seuls ou des parents économiquement précaires ont-ils un plus grande probabilité de se séparer ? Il y a probablement des deux explications ; raison de plus pour investiguer plus avant.

Plus d’informations dans la note jointe.

Emploi : les performances (relatives) de la Belgique

dimanche, février 17th, 2019

(Tekst in het nederlands hieronder)

On peut supposer que les « performances » de la Belgique en matière de créations d’emploi feront partie des thématiques abordées pendant la campagne électorale à venir.

Cette Brève de l’IDD veut alimenter ce débat avec trois séries d’indicateurs :

  • les évolutions globales en matière d’emploi et d’heures de travail, en distinguant trois périodes : 2005-2019, 2008-2019 et 2014-2019 
  • les évolutions de l’emploi dans quelques grands secteurs économiques pour la période 2014 à 2018
  • les évolutions en matière de contrats temporaires pour la période 2014 à 2018.

Les évolutions pour la Belgique sont comparées à celles de l’Union, de la zone EURO et de la moyenne des trois pays pris en considération dans la loi sur la compétitivité (Allemagne, France et Pays-Bas).

Les grandes tendances 

La Belgique fait mieux en matière d’emploi et d’heures travaillées que les zones de pays retenues comme points de comparaison sur la période 2005-2019 et 2008-2019 mais moins bien sur la période 2014-2019, celle du gouvernement Michel ; pour cette dernière période la zone Allemagne-France-Pays-Bas et la Belgique font cependant jeu égal en matière de création d’emplois = +5,2%.

On notera encore que, sur la période 2014-2019, la croissance de l’économie belge est inférieure à celle des trois zones économiques de comparaison.

Ceci dit, la Belgique se caractérise sur le long terme par de meilleures performances en matière de création d’heures de travail par point de croissance économique mais les performances relatives de la Belgique par rapport à la zone EURO12 et par rapport à la zone Allemagne-France-Pays-Bas stagnent depuis 2013.

Les créations d’emploi dans les grands secteurs économiques

Sur la période 2014-2018, on constate que

  • la Belgique a encore perdu des emplois industriels alors que les zones économiques de comparaison en ont créé ;
  • la Belgique a fait mieux que la zone Allemagne-France-Pays-Bas dans la construction et les services marchands ;
  • la Belgique a créé moins d’emplois dans les services non marchands.

Les emplois temporaires

Pour autant qu’on puisse tirer des conclusions au vu du changement de méthodologie intervenu dans l’Enquête sur les forces de travail début 2017 il semble que la proportion des emplois temporaires soit orientée à la hausse en Belgique, en absolu et en relatif.

Plus de détails dans la note jointe.

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Werkgelegenheid : (relatieve) prestaties van België

Aangenomen mag worden dat de « prestaties » van België wat betreft banenschepping één van de thema’s van de komende verkiezingscampagne zal zijn.

Deze IDD Brève beoogt dit debat te voeden met drie reeksen indicatoren:

  •     globale trends op het gebied van werkgelegenheid en het totaal van gewerkte uren, waarbij onderscheid wordt gemaakt tussen drie perioden: 2005-2019, 2008-2019 en 2014-2019
  •     de ontwikkeling van de werkgelegenheid in de grote economische sectoren voor de periode 2014-2018
  •     de ontwikkeling van de tijdelijke contracten voor de periode 2014-2018.

De ontwikkelingen voor België worden vergeleken met die van de Europese Unie, de eurozone en het gemiddelde van de drie landen waarmee rekening is gehouden in de Wet op het concurrentievermogen (Duitsland, Frankrijk en Nederland).

De belangrijkste trends

België doet het beter op het vlak van tewerkstelling en gewerkte uren dan de economische zones die als ijkpunten werden geselecteer in de periode 2005-2019 en 2008-2019, maar minder goed in de periode 2014-2019, namelijk die van de regering Michel; voor de laatste periode is België net zo goed als de Duitsland-Frankriijk-Nederland zone op het vlak van jobcreatie = +5,2%.

Ook moet worden opgemerkt dat de groei van de Belgische economie over de periode 2014-2019 lager ligt dan die van de drie vergelijkingszones.

Toch wordt België op lange termijn gekenmerkt door betere prestaties in termen van het creëren van werktijden per punt van economische groei, maar de relatieve prestaties van België in vergelijking met de EURO12-zone en de Duitsland-Frankrijk-Nederlandse zone sinds 2013 stagneren.

Schepping van banen in de belangrijkste economische sectoren

Over de periode 2014-2018 is te zien dat

  •     België heeft verder banen in de industrie verloren, terwijl de economische vergelijkingszones nieuwe banen hebben gecreëerd;
  •     België presteerde beter dan de Duitsland-Frankrijk-Nederlandse zone in de bouw- en marktdiensten;
  •     België heeft minder banen gecreëerd in de niet-marktdiensten.

Tijdelijke banen

Voor zover we conclusies kunnen trekken na de verandering van methodologie in de arbeidskrachtenenquête begin 2017, lijkt het aandeel van de tijdelijke banen in België een stijgende lijn te vertonen, zowel in absolute als in relatieve termen.

Meer details vindt u in de bijgevoegde nota.

Dans quels types de ménages vivent les seniors en Wallonie ?

dimanche, février 17th, 2019

Il y a trois raisons au moins pour s’intéresser aux types de ménages dans lesquels vivent les seniors :

  1. On peut supposer que la nature et l’intensité des recours à des services à domicile varient selon la composition du ménage.
  2. On peut supposer que la nature du ménage et son évolution peuvent avoir un impact sur la mobilité résidentielle des aînés.
  3. Le taux de pauvreté est, toutes choses égales par ailleurs, plus élevé pour les personnes seules (et pour les personnes très âgées).

Explorer les liens entre la composition des ménages et ces trois dimensions des réalités vécues par nos aînés dépasse l’ambition d’une Brève de l’IDD. Celle-ci a pour seule objet de présenter quelques données pour la Wallonie.

Le tableau ci-après présente une vue d’ensemble au 1er janvier 2017:

Trois tendances essentielles peuvent être dégagées pour la période 1991-2017 :

  1. une stabilité de la proportion des personnes qui vivent seules, sauf pour les 75-84 ans où elle est en recul ;
  2. une augmentation tendancielle de la proportion de personnes âgées qui vivent en couple, en particulier pour les 75 et plus ;
  3. un recul de la proportion des ménages vivant dans d’autres types de ménages (couples avec enfants, chefs de famille monoparentale, etc.), en particulier chez les plus de 85 ans.

Les écarts entre communes peuvent être très importants ; illustration avec la proportion de personnes de 85 et plus qui vivent seules.

Plus d’informations dans la note jointe et son annexe.

Impact macrobudgétaire d’un relèvement,des allocations sociales minimales : Quelques éléments d’analyse de l’étude du Bureau du Plan

dimanche, février 17th, 2019

Le Bureau fédéral du Plan vient de publier (décembre 2018) une étude intitulée « Impact macrobudgétaire d’un relèvement des allocations sociales minimales », étude réalisée à la demande du Vice-Premier ministre et ministre de l’Emploi, de l’Économie et des Consommateurs.

La Brève n°21 de l’IDD a pour objectif de commenter la démarche et les résultats de cette étude.

Pour ceux que cette problématique intéresse voir la note jointe.

Voici les principales conclusions : dans le dispositif testé par le Bureau fédéral du Plan

  • la situation financière des ménages concernés par la revalorisation des allocations sociales s’en trouve grandement améliorée
  • de très nombreuses personnes/ménages resteraient néanmoins sous le seuil de pauvreté
  • sans évolution des salaires nets, les différentiels salaire net – allocation sont réduits, voire deviennent négatifs
  • de très nombreuses personnes auraient désormais droit à un RIS (revenu d’intégration) partiel alors qu’elles n’y avaient pas droit dans le cadre des actuelles allocations sociales, ce qui implique un coût budgétaire ex-ante (largement?) supérieur au montant de 1,7 milliard avancé par le Bureau du Plan, sans compter l’éventuel coût budgétaire lié au relèvement du salaire minimum net.

Impacts d’une baisse de la TVA sur l’électricité à 6%

dimanche, janvier 13th, 2019

(TEKST IN HET NEDERLANDS HIERONDER)

Comme en 2008 et en 2013, il est à nouveau proposé par divers mouvements sociaux et partis politiques de ramener la TVA sur l’électricité à 6%. Rappelons à cet égard que cette TVA a été abaissée à 6% au 1er avril 2014 et remontée à 21% le 1er septembre 2015 (mesure adoptée dans le cadre du financement du tax-shift).

Les impacts sur la facture des ménages d’une telle baisse =

  • la baisse moyenne de la facture d’électricité est de 11 € par mois, mais l’impact pour un petit consommateur qui ne se chauffe pas à l’électricité (consommation estimée ici à 1.200 kWh/an) est de 4 € seulement par mois ;
  • pour les 25% des ménages les plus pauvres l’impact moyen est de 8 € par mois mais il est inférieur pour ceux qui ne se chauffent pas à l’électricité ; il est par contre (beaucoup) plus élevé pour les ménages qui se chauffent partiellement ou totalement à l’électricité.

La perte de recettes fiscales est estimée à 630 millions.

Enfin, dimension trop souvent ignorée, le passage à 6% de la TVA sur l’électricité retarde le passage de l’indice-pivot. Très concrètement, en 2018, le franchissement de l’indice-pivot serait intervenu en décembre plutôt qu’en août.

Il est possible d’améliorer plus significativement le pouvoir d’achat des personnes à petits ou modestes revenus que de baisser la TVA sur l’électricité, et ce sans impact sur l’indexation des revenus.

L’addition de l’enveloppe bien-être de 716 millions prévue pour les années 2018 et 2019 et de l’équivalent du coût de la baisse de la TVA donnerait des moyens structurels d’environ 1.150 millions pour améliorer la situation des ménages en difficultés (énergétiques et autres).

Ces moyens peuvent servir à une augmentation de tout ou partie des prestation sociales, à la transformation des réductions fiscales pour enfants à charge en de véritables crédits d’impôt et au co-financement avec les régions d’un plan d’éradication du chauffage électrique.

De manière immédiate, une « simple » augmentation de 1% des prestations sociales les plus faibles donnerait aux ménages concernés plus qu’une baisse de la TVA sur l’électricité. Mais à court terme des moyens spécifiques doivent aussi être mobilisés pour aider les ménages à petits revenus qui se chauffent à l’électricité (une sorte de Fonds de Chauffage Électrique Social équivalent au Fonds Social Mazout existant ?).

Plus dans la note jointe.

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Gevolgen van een BTW-verlaging naar 6% voor elektriciteit

Net als in 2008 en 2013 wordt door verschillende sociale bewegingen en politieke partijen opnieuw voorgesteld om de btw op elektriciteit te verlagen tot 6%. In dit verband zij eraan herinnerd dat deze btw op 1 april 2014 werd verlaagd tot 6% en op 1 september 2015 werd verhoogd tot 21% (maatregel in het kader van de financiering van de tax-shift).

De impact van een dergelijke daling op de uitgaven van de gezinnen =

  • de gemiddelde vermindering van de elektriciteitsrekening is 11 € per maand, maar de impact voor een kleine verbruiker die niet verwarmt met elektriciteit (verondersteld verbruik van 1.200 kWh/jaar) is slechts 4 € per maand;
  • voor de armste 25% van de huishoudens is de gemiddelde impact 8 euro per maand, maar lager voor degenen die niet verwarmen met elektriciteit; het is daarentegen (veel) hoger voor huishoudens die zich geheel of gedeeltelijk verwarmen met elektriciteit.

Het verlies aan belastinginkomsten wordt geraamd op 630 miljoen euros.

Ten slotte, een verlaging van de btw op elektriciteit vertraagd de overschrijding van de spilindex. Heel concreet zou de jongste overschrijding gebeuren hebben in december 2018 in plaats van augustus 2018.

Het is mogelijk om de koopkracht van mensen met lage inkomen sterker te verbeteren dan om de btw op elektriciteit te verlagen, en zonder dat dit gevolgen heeft voor de inkomensindexering.

De toevoeging van het voor de jaren 2018 en 2019 geplande welvaartsenveloppe van 716 miljoen euro en het equivalent van de totale kost van de btw-verlaging zou structurele middelen van ongeveer 1.150 miljoen euro opleveren om de situatie van huishoudens met energieproblemen te verbeteren.

Deze middelen kunnen gebruikt zijn om alle of een deel van de sociale uitkeringen te verhogen, om belastingverlagingen voor kinderen ten laste om te zetten in echte belastingkredieten en om samen met de regio’s een plan te financieren om elektrische verwarming uit te bannen.

Onmiddellijk zou een « eenvoudige » verhoging met 1% van de laagste sociale uitkeringen de betrokken gezinnen meer opleveren dan een verlaging van de btw op elektriciteit. Maar op korte termijn moeten ook specifieke middelen gemobiliseerd zijn om huishoudens met een laag inkomen die zich met elektriciteit verwarmen te helpen (een soort Sociaal Elektrisch Verwarmingsfonds dat gelijkwaardig zou zijn aan het bestaande Sociaal Brandstoffonds?).

Meer in de bijgevoegde nota.

Comment ont évolué les prix entre 1998 et 2018 ?

mardi, décembre 4th, 2018

(TEKST IN HET NEDERLANDS HIERONDER)

Les plaintes de gilets jaunes relancent, une fois de plus, la même question : le pouvoir d’achat a-t-il augmenté ou diminué ? Et les réponses, mêmes nuancées, suscitent toujours le même scepticisme.

Scepticisme quand les calculs aboutissent à montrer que, sur une longue période, le pouvoir d’achat moyen a augmenté. Scepticisme encore alors que les évolutions récentes confirment que le pouvoir d’achat moyen remonte au cours des dernières années (après un recul significatif attribuable à la « crise »).

Dans la foulée d’exercices antérieurs de même nature, cette Brève de l’IDD s’intéresse cette fois-ci à l’évolution des prix entre 1998 et 2018, période pour laquelle on dispose d’environ 130 indices de prix, tantôt pour des produits spécifiques (ex : le pain, les livres, le gaz…), tantôt pour des gammes de produits (ex : articles d’habillement, services culturels…).

Voici le texte et l’annexe.

Hoe zijn de prijzen tussen 1998 en 2018 veranderd ?

De klachten over de « gilets jaunes » roepen opnieuw dezelfde vraag op: is de koopkracht toegenomen of afgenomen? En de antwoorden, ook al zijn ze genuanceerd, roepen altijd hetzelfde scepticisme op.

Scepticisme wanneer uit berekeningen blijkt dat de gemiddelde koopkracht over een lange periode is toegenomen. Het scepticisme blijft bestaan, terwijl de recente ontwikkelingen bevestigen dat de gemiddelde koopkracht de afgelopen jaren is gestegen (na een aanzienlijke daling als gevolg van de « crisis »).

In navolging van voorgaande studies van dezelfde aard richt deze IDD nota zich ditmaal op de prijsontwikkeling tussen 1998 en 2018, een periode waarvoor ongeveer 130 prijsindexen beschikbaar zijn, soms voor specifieke producten (bv. brood, boeken, gas, enz.), soms voor productassortimenten (bv. kledingstukken, culturele diensten, enz.).

Zie hier voor de nota et de bijlage.

Les prix de l’essence et du diesel entre 1970 et 2018

lundi, novembre 12th, 2018

(TEKST IN HET NEDERLANDS HIERONDER)

Les médias français ont récemment évoqué diverses initiatives populaires appelant à manifester contre la hausse des prix des carburants routiers et du diesel en particulier. Une initiative semblable semble se faire jour en Belgique.

Il est un fait que les prix des carburants routiers ont significativement augmenté en Belgique aussi au cours des derniers mois, en particulier le diesel ; le prix (maximum) du diesel a ainsi augmenté de 16% entre début novembre 2017 et début novembre 2018.

Dans ce contexte toujours sensible, tant les prix à la pompe sont durement ressentis quand ils sont à la hausse, la Brève n° 18 de l’Institut pour un Développement Durable essaye de visualiser et d’analyser l’évolution des prix des carburants depuis 1970, période qui se situa peu avant ce qu’il est convenu d’appeler le premier choc pétrolier.

Premier constat : le prix maximum du diesel a été multiplié par presque 13 entre début 1970 et fin 2018 ; le prix de l’essence de 98 n’a lui été multiplié « que » par 7.

Les prix des carburants routiers ont, sur le long terme, évolué plus vite que l’indice des prix. Mais quand on déflate (= « diviser ») les indices des prix des carburants par l’indice général pour obtenir ce qu’on appelle les évolutions « réelles », les évolutions en deviennent moins spectaculaires. C’est ainsi que le prix réel de l’essence est en 2018 à un niveau inférieur aux prix de la période entre 2004 et 2015 ; quant au prix réel du diesel il est de 10% inférieur au maximum historique observé en 2012.

Pour mettre en perspective l’évolution des prix des carburants il faut également tenir compte
1° de l’évolution des autres coûts d’utilisation des véhicules, qui évoluent sur une longue période moins vite que ceux des carburants
2° de l’évolution du prix d’achat des véhicules routiers
3° de l’évolution du revenu disponible.
Entre 1970 et 2018, le revenu disponible (à prix courants) moyen a augmenté plus vite que le coût moyen (achat + utilisation) des véhicules routiers.

Si en outre on tient compte de l’amélioration de l’efficacité énergétique des voitures (environ 30% sur le long terme?), on peut affirmer que, proportionnellement au revenu disponible, se déplacer en auto coûte moins cher aujourd’hui qu’au début des années 70.

Mais on peut aussi comprendre que cette observation ne sera pas audible par ceux qui sont surtout influencés par les hausses à court terme des prix des carburants routiers – le consommateur a une mémoire défaillante pour ce qui est d’un passé plus ou moins distant – et ne satisfera pas ceux qui, avec de faibles revenus, assument difficilement les hausses récentes des prix de l’essence et du diesel alors même qu’ils ne peuvent pas se passer de la voiture pour des raisons professionnelles.

Les constats de cette Brève doivent être intégrés dans la mise en œuvre de la nécessaire transition écologique si on veut rencontrer à la fois des objectifs environnementaux et des préoccupations d’un partage plus juste du pouvoir d’achat.

Plus d’informations dans la note et l’annexe jointes.

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Benzine- en dieselprijzen tussen 1970 en 2018

De Franse media berichtten onlangs over diverse populaire initiatieven waarin werd opgeroepen tot demonstraties tegen de stijging van de brandstofprijzen en met name van de dieselprijs. Een gelijkaardig initiatief lijkt zich in België te ontwikkelen.

Het is een feit dat de prijzen van brandstoffen voor het wegvervoer in België de laatste maanden ook aanzienlijk zijn gestegen, met name van diesel; de (maximum)prijs van diesel is dus met 16% gestegen tussen begin november 2017 en begin november 2018.

In deze context, die altijd gevoelig ligt wanneer de prijzen aan de pomp sterk stijgen, probeert de « Brève n° 18 » van het Instituut voor Duurzame Ontwikkeling de evolutie van de brandstofprijzen sinds 1970, een periode die kort voor de zogenaamde eerste oliecrisis plaatsvond, te visualiseren en te analyseren.

Eerste vaststelling: de maximumprijs van diesel is tussen begin 1970 en eind 2018 bijna 13 keer zo hoog geworden; de prijs van benzine werd in 1998 « slechts » met 7 vermenigvuldigd.

De prijzen van motorbrandstof zijn op de lange termijn sneller gestegen dan de prijsindex. Maar wanneer de brandstofprijsindexen worden gedeflateerd (= « gedeeld ») door de algemene index om zogenaamde « reële » ontwikkelingen te verkrijgen, worden de ontwikkelingen minder spectaculair. De reële prijs van benzine in 2018 is bevoorbeeld lager dan de prijzen van de periode tussen 2004 en 2015; de reële prijs van diesel ligt vandaag 10% lager dan het historische maximum in 2012.

Om de ontwikkeling van de brandstofprijzen in perspectief te plaatsen, moet ook rekening worden gehouden met
(1) de ontwikkeling van andere kosten van voertuigen, die zich over een lange periode en in een langzamer tempo ontwikkelen dan die van de brandstoffen
(2) de verandering in de aankoopprijs van wegvoertuigen
(3) de evolutie van het beschikbaar inkomen.

Tussen 1970 en 2018 is het gemiddelde beschikbaar inkomen sneller gestegen dan de gemiddelde kostprijs (aankoop + gebruik) van wegvoertuigen.

Als we ook rekening houden met de verbetering van de brandstofefficiëntie van auto’s (ongeveer 30% op lange termijn?), kunnen we stellen dat, in verhouding tot het beschikbaar inkomeninkomen, het reizen met de auto vandaag goedkoper is dan in het begin van de jaren 1970.

Maar het is ook begrijpelijk dat deze constatering niet hoorbaar zal zijn voor degenen die voornamelijk beïnvloed worden door de kortetermijnstijgingen van de brandstofprijzen op de weg – de consument heeft een slecht geheugen van een min of meer ver verleden – en niet zal voldoen aan degenen die, met lage inkomens, moeite hebben om de recente stijgingen van de benzine- en dieselprijzen op te vangen, ook al kunnen ze om professionele redenen niet zonder de auto.

De bevindingen van deze briefing moeten worden geïntegreerd in de uitvoering van de noodzakelijke ecologische transitie als we zowel de milieudoelstellingen als de zorg voor een eerlijker verdeling van de koopkracht willen realiseren.

Meer informatie vindt u in de bijgevoegde nota.

Les salaires entre 2014 et 2018 : ni le PTB, ni Michel n’ont (tout à fait) raison

mardi, octobre 2nd, 2018

Le PTB a récemment publié une étude intitulée : « UN TRANSFERT DE PRÈS DE 9 MILLIARDS DES POCHES DES SALARIÉS VERS LES PROFITS DES ENTREPRISES – UNE PERTE MENSUELLE DE 191 EUROS POUR CHAQUE TRAVAILLEUR SALARIÉ » rédigée par son service d’études.

La principale conclusion de l’étude est : « Entre 2014 et 2017, la part des salaires (dans le Revenu National Brut) a reculé de 2 %. (…) À l’inverse, la part des profits des entreprises a augmenté de 2,7 %. Cela veut dire que les entreprises ont engrangé annuellement 12 milliards d’euros de profit supplémentaire. »

Baisse de la part des salaires il y a, c’est incontestable. Mais le PTB commet plusieurs erreurs méthodologiques dans son analyse :

  1. Il prend comme référence le Revenu National Brut (RNB) plutôt que le Produit Intérieur Brut (PIB), référence choisie par la plupart des études. A juste titre, puisque l’évolution de la part des salaires dans la valeur ajoutée dépend largement de décisions prises sur le territoire belge.
  2. Alors qu’elle cite les indépendants dans le résumé introductif, le reste de l’étude ne tient compte que des seuls salariés. Or il est évident que dans les revenus d’une activité d’indépendant il y a une part travail et une part capital.
  3. Ne pas tenir compte de la dépréciation du capital dans les « profits » conduit évidemment à sur-estimer la part des profits.
  4. Enfin, les calculs du PTB sont effectués pour un moment conjoncturel particulier, à savoir une « sortie de crise ». Il faut évidemment tenir compte des fluctuations conjoncturelles pour apprécier les évolutions dans le partage de la valeur ajoutée.

On ajoutera encore qu’opposer salariés et propriétaires du capital financier en deux « blocs » séparés/étanches néglige le fait qu’une part des dividendes est versée à des salariés et indépendants pensionnés au travers des divers dispositifs visant à fournir des revenus complémentaires (fonds de pension, épargne-pension…).

Corriger l’approche du PTB, sur base des lignes directrices détaillées ci-dessus, conduit aux constats suivants :

  1. La part des revenus du travail est évidemment plus élevée dès lors que l’on intègre, à juste titre, les revenus du travail des indépendants.
  2. La part des revenus du travail baisse entre 2014 et 2017, c’est incontestable, mais revient, en 2017, à son niveau d’avant la crise. De l’art de choisir les périodes de référence…
  3. La part des « profits » dans la valeur ajoutée, une fois que l’on a tenu compte de la dépréciation du capital et de la part travail des indépendants, est en hausse depuis 2013 mais est encore, en 2017, inférieure à celle observée entre 2004 et 2007. Par ailleurs on ne constate pas une hausse tendancielle sur une longue période de la part des profits comme l’affirme l’étude du PTB.

La réponse du parti du Premier ministre et du MR à l’étude du PTB porte, pour l’essentiel, sur l’évolution des salaires nets induite par le tax-shift.

L’augmentation moyenne des salaires bruts nominaux (hors ancienneté et autres évolutions) entre le début 2015 et la fin 2018 est très proche de 6%. C’est cette augmentation nominale qui a été retenue dans le calcul des évolutions des salaires nets ci-après. L’évolution – sur la même période – des salaires réels a été négative d’environ 2%, conséquence bien évidemment du saut d’index.

Pour essayer d’y voir clair sur l’augmentation du pouvoir d’achat des salaires, et des petits salaires en particulier (principale « cible » du tax-shift), l’Institut pour un Développement Durable a calculé l’évolution entre le début 2015 et la fin 2018 du salaire net, en absolu et en pourcentage, pour divers petits salaires, à temps plein ou à temps partiel. Le tableau suivant donne les résultats pour 4 situations emblématiques (il y en a plus dans l’étude) :

Voici les principaux constats :

  1. L’évolution du pouvoir d’achat entre le début 2015 et la fin 2018 se situe entre une baisse de -10 €/mois ou -0,9% (situation d’un parent seul avec 2 enfants travaillant à temps partiel et gagnant 1.200 € bruts par mois) et une hausse de 86 €/mois ou +6,1% pour un travailleur à temps plein payé au salaire minimum garanti ;
  2. Ce dernier montant est loin des 140 € annoncés pour 2 raisons : 1° le calcul intègre les conséquences du saut d’index et 2° la réforme du précompte professionnel doit encore se poursuivre jusqu’en 2020.
  3. C’est la prise en compte du saut d’index qui explique des (modestes) reculs du pouvoir d’achat pour les parents seuls travaillant à temps partiel ; en effet, les changements des paramètres fiscaux rapportent peu aux personnes concernées dans la mesure où avant la réforme fiscale ils/elles ne payaient déjà pas de précompte professionnel ou très peu ;
  4. Avec les niveaux de salaires considérés les personnes à temps partiel retirent un intérêt (proportionnellement) moindre de la réforme fiscale que les personnes à temps plein et les parents seuls avec 2 enfants un intérêt moindre que les personnes isolées ; or ceux et celles qui ne bénéficient pas beaucoup de cette réforme fiscale sont souvent des personnes/ménages précaires ;
  5. Un des buts de la réforme est d’accroître le différentiel entre le salaire net et les allocations (minimales en tout cas) ; si on prend comme référence le revenu d’intégration (RIS), le différentiel s’accroît de quelques pour-cents pour les personnes à temps plein ; pour les personnes isolées à temps partiel, le différentiel ne bouge pas de manière significative et se réduit même pour les tous petits salaires ; enfin, pour les parents seuls avec 2 enfants travaillant à temps partiel le revenu d’intégration demeure largement supérieur au salaire net reçu en cas de travail à temps partiel ;
  6. Si on devait tenir compte des dépenses liées à l’emploi (déplacements et, le cas échéant, des frais spécifiques liés à la garde d’enfants), le différentiel salaire/allocations se réduit de toute manière à pas grand chose pour de nombreux travailleurs précaires, avec ou sans tax-shift.

Deux messages :

  1. Le partage de la valeur ajoutée doit être considérée globalement, en y intégrant le travail des indépendants et en connaissant mieux la répartition des dividendes.
  2. Une fois de plus les travailleurs à temps partiel et les parents seuls avec enfants qui ont des bas salaires sont moins bien considérés. Il faudra encore beaucoup de pédagogie pour expliquer que seul un revenu de base peut, pour ces catégories et pour d’autres, réduire les pièges à l’emploi tout en garantissant un revenu correct en l’absence d’emploi.

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