Titres-services : progression stoppée

On le pressentait depuis quelques mois.

Les dernières statistiques relatives aux titres-services remboursés – véritable indicateur de l’activité dans le secteur – le confirment : la progression des titres-services est stoppée.

On peut expliciter ce diagnostic sur base de deux indicateurs :
– la croissance à un an d’écart
– la tendance (données corrigées des variations saisonnières).

L’Institut pour un Développement Durable constate depuis 2007 une nette tendance à la baisse des taux de croissance à un an d’écart du volume de titres-services utilisés (avec des fluctuations certes importantes autour de cette tendance).

Et, pour la première fois, on observe en mars 2014 un léger recul (-0,3%) par rapport à période correspondante en 2013.

Un autre indicateur est plus clair encore.

La tendance du volume des titres-services remboursés, à savoir l’évolution de l’activité dans le secteur « nettoyée » des variations saisonnières et autres fluctuations comme par exemple les congés liés à des fêtes religieuses mobiles, se stabilise à un niveau un peu supérieur à 10 millions de titres-services par mois depuis avril 2013.

Sur base des observations et informations disponibles à ce jour, il est évidemment difficile d’interpréter ce qui se passe, moins encore d’en déduire l’ampleur et le sens des évolutions à venir. Mais on peut penser que la probabilité d’une reprise significative de l’activité en titres-services, et même d’une reprise tout court, est faible. A mes yeux un tassement même n’est pas impossible.

Voici les raisons qui me poussent à penser que la tendance observée récemment (quasi stagnation de l’activité autour d’un niveau un peu supérieur à 10 millions de titres-services par mois) devrait se prolonger :
– l’augmentation du prix du chèque
– une reprise économique qui reste insuffisante en matière de création nette d’emplois (en 2014 on devrait à peine retrouver le niveau d’emploi de 2012)
– une augmentation du pouvoir d’achat moyen par tête de certes 0,9% mais celui-ci restera toujours inférieur au niveau atteint en 2009 (première année de la crise).

Si cette stabilisation devait être confirmée cela constituerait un fait majeur à la fois pour les finances publiques et l’évolution de l’emploi, le tout dans un contexte du transfert de cette compétence aux régions.

On notera à cet égard qu’il semble que c’est en région wallonne que le recul à un an d’écart est le plus élevé alors qu’en Flandre on observe encore une légère croissance pour le premier quadrimestre 2014 par rapport à la période équivalente de 2013.

On verra ce qu’il en est dans les mois à venir.

Plus de détails et des graphiques dans la note jointe.

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