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Peut-on atteindre un taux d’emploi de 80% en 2030 ?

lundi, octobre 5th, 2020

L’accord de la coalition Vivaldi annonce que : « Le Gouvernement récompensera le travail, accompagnera les groupes les plus vulnérables sur le chemin vers l’emploi et visera un taux d’emploi de 80% minimum pour 2030. »

Peut-on atteindre cet objectif ? Sur base du modèle prospectif construit par l’IDD, la réponse est oui, mais aux trois conditions cumulatives suivantes :

  1. L’emploi augmente à partir de 2022 au même rythme que celui observé entre 1995 et 2018, à savoir +1,3% par an en moyenne.
  2. La population des 20-64 ans baisse autant qu’attendu dans les Perspectives démographiques du Bureau fédéral du Pla
  3. Il faut adapter l’indicateur pour y arriver !

Trois commentaires :

  1. La croissance de 1,3% en moyenne par an de l’emploi (1995-2018) est favorablement influencée par de bonnes « performances » jusqu’au début du siècle ; les taux de croissance observés plus récemment sont souvent plus modestes. En même temps, la transition écologique, le développement du numérique et le vieillissement socio-démographique sont potentiellement sources d’emplois nouveaux ; par ailleurs la volonté du nouveau gouvernement est de mettre en place l’assainissement budgétaire de manière pondérée. Mais, même ainsi, c’est un fameux défi de créer 560.000 emplois d’ici à 2030.
  2. Toutes choses égales par ailleurs, une baisse de la population influence favorablement l’évolution du taux d’emploi. Mais un recul du solde migratoire net de l’immigration tel qu’injecté dans les Perspectives démographiques est-il compatible avec un taux de croissance de l’emploi de 1,3% ? Je ne le pense pas. Autre « correction » possible : un tel développement de l’emploi, couplé avec un recul de l’âge légal de la retraite, pourrait profiter proportionnellement plus à l’emploi des plus de 65 ans, diminuant donc la part des 20-64 ans dans l’emploi total plus que prévu dans les projections de l’IDD. Ces deux adaptations comportementales, liées à un marché du travail très dynamique, rendraient plus difficile d’atteindre un taux d’emploi des 20-64 ans de 80%, parce que diminuant le numérateur (l’emploi) et augmentant le dénominateur (la population).
  3. Enfin, dire qu’il faut « adapter l’indicateur pour y arriver » donnerait à penser qu’on veut changer d’instrument de mesure pour flatter les résultats. Non, bien sûr que non. Il s’agit simplement de constater que les deux indicateurs officiels du taux d’emploi – celui de l’Enquête sur les forces de travail et celui du Bureau fédéral du Plan – ne sont pas des outils adaptés pour mesurer correctement l’évolution du taux d’emploi.

C’est pour cela que l’IDD a élaboré son propre indicateur.

Avec un taux d’emploi (des 20-64 ans) de 80% en 2030 sur base de l’indicateur de l’IDD, qui repose déjà sur des hypothèses très favorables, le taux d’emploi estimé par l’Enquête sur les forces de travail se situerait à 78,5% et celui estimé par le Bureau fédéral du Plan à 75,4%. Avec les indicateurs du taux d’emploi utilisés à ce jour impossible donc d’arriver à 80% !

Par ailleurs, tenant compte des hypothèses retenues par l’IDD, il subsistera un important écart entre le taux d’emploi des hommes et celui des femmes. La parité en matière de taux d’emploi n’est pas encore en vue.

Se fixer des objectifs ambitieux peut inciter à produire des efforts pour y arriver. Mais il faudra en matière de taux d’emploi se doter d’un indicateur qui rend correctement compte des efforts accomplis, activer des mesures (formation, investissements publics dans les différentes transitions : climat, mobilité, etc., soutien à l’entrepreneuriat, stimulation d’activités à fort contenu en emploi, pension à temps partiel…) plus ambitieuses que celles activées à ce jour et bénéficier d’une conjoncture internationale soutenante, sans oublier une sortie par le haut de la crise sanitaire, pour atteindre l’objectif de 80%. Le tout, si possible, en renforçant l’équité dans l’accès à l’emploi, pour toutes et tous. Mais qui n’essaie pas ne réussira certainement pas.

Plus dans la note jointe.

Espérance de vie en bonne santé – éclairages statistiques des objectifs de la Vivaldi

lundi, octobre 5th, 2020

La Brève n°47 de l’ Institut pour un Développement Durable propose quelques éclairages statistiques sur un des objectifs des plus ambitieux et des plus novateurs du gouvernement Vivaldi : « L’objectif est de réduire, d’ici 2030, de minimum 25% les inégalités de santé entre les personnes les plus favorisées et les moins favorisées en matière d’espérance de vie en bonne santé, de réduire le taux de mortalité évitable de 15%, et de revenir dans le « top 10″ européen en ce qui concerne le nombre d’années de vie en bonne santé, tout en garantissant une très bonne accessibilité et une bonne couverture. » (p.9) Cet objectif est le bienvenu et traduit, espérons le, la volonté de se fixer sur les objectifs de santé publique au moins autant que sur les moyens (en l’occurrence la norme de croissance des soins de santé).

Voici quelques données permettant d’éclairer les objectifs en matière d’espérance de vie en bonne santé (en fait = l’espérance de vie sans limitations sévères de l’activité).

La Belgique est (déjà) dans le top 10 européen pour ce qui est de l’espérance de vie en bonne santé aux âges de 50 (6ième place) et 65 (7ième place), mais à la 11ème place pour ce qui de l’espérance de vie en bonne santé à la naissance. Au vu de ces observations, on ne voit pas très bien où est l’ambition de la Vivaldi dans le positionnement par rapport aux pays de l’Union.

Notons que quel que soit l’indicateur, la Belgique fait nettement moins bien que les deux champions européens, à savoir Malte et la Suède.

Notons encore que les différences d’espérance de vie en bonne santé entre les femmes et les hommes sont relativement modestes, en tout cas moindres qu’en matière d’espérance de vie totale.

Qu’en est-il des évolutions de moyen terme en Belgique ? Après des progrès notables entre 2005 et 2012, l’espérance de vie en bonne santé estimée en années a tendance à reculer à la naissance et à se stabiliser aux âges de 50 et 65 ans.

Mais le principal défi est celui de réduire les inégalités en matière d’espérance de vie en bonne santé suivant le niveau éducationnel. Et ici les rares données disponibles donnent le tournis.

Quelques observations majeures :

  • l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé ont augmenté entre 2001 et 2011 mais de manière variable entre les hommes et les femmes et en fonction du niveau éducationnel ; une exception : l’espérance de vie en bonne santé pour les femmes d’un niveau éducationnel faible a reculé entre 2001 et 2011 ; par ailleurs, l’espérance de vie en bonne santé a augmenté très significativement pour les hommes d’un niveau éducationnel élevé (+4,6 années entre 2001 et 2011!) ;
  • l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé augmentent avec le niveau éducationnel, pour les femmes comme pour les hommes, en 2001 comme en 2011 ; l’écart entre les espérances de vie (en bonne santé) entre les personnes à niveau éducationnel élevé et niveau éducationnel faible augmente entre 2001 et 2011, pour les hommes comme pour les femmes ; une observation qui frappe : la différence d’espérance de vie entre les femmes à niveau éducationnel élevé et celles à niveau éducationnel faible est de 13,4 années en 2011 ! ;
  • les femmes et les hommes de niveau éducationnel élevé n’ont pas seulement une espérance de vie plus grande ; ils passent une proportion plus grande de ces années en bonne santé ; double inégalité donc !

L’objectif du nouveau gouvernement est de réduire les écarts d’au moins 25% d’ici à 2030. Quatre observations ici :

  • il faudra attendre longtemps après 2030, le temps d’avoir le recul statistique nécessaire, pour vérifier si cet objectif aura été atteint ;
  • les estimations de Sciensano reposent sur les données des recensements ; or les procédures mises en place pour combler l’abandon du recensement ne permettent pas nécessairement d’avoir le même niveau et qualité d’informations ;
  • l’objectif est particulièrement ambitieux ; l’espérance de vie (en bonne santé) dépend de multiples facteurs (accès aux soins, recours à la prévention, conditions de vie – travail, logement, exposition aux pollutions… –, hygiène de vie, etc.), dont l’amélioration prendra du temps ;
  • quand bien même cet objectif serait atteint, les inégalités seront probablement toujours supérieures à celles observées en 2001 !

On notera encore qu’il y a, en matière d’espérance de vie (en bonne santé) d’importants écarts régionaux ; illustration particulièrement éclairante : l’écart d’espérance de vie en bonne santé à 50 ans entre les hommes wallons et les hommes flamands est de -4,1 années !

Plus dans la note jointe.

1.400.000 inactifs ! Vraiment ?

jeudi, septembre 3rd, 2020

En juillet 2020, le professeur Stijn Baert de l’UGent a publié une étude intitulée : « The Iceberg Decomposition : A Parsimonious Way to Map the Health of Labour Markets »

Même si l’analyse est un peu plus complexe, les médias belges en ont retenu une conclusion essentielle : il y a 1.400.000 personnes inactives en Belgique (en fait 1.372.000 mais cela n’a pas beaucoup d’importance, on est de toute manière dans les marges d’incertitude statistique).

Voici quelques critiques – de natures diverses – de l’approche et des données utilisées :

  • quel est le sens profond de la démarche de Stijn Baert ? ; faut-il que tout le monde soit actif (en emploi ou en recherche d’un emploi) en permanence, tout au long de sa vie ? ; est-ce vraiment un idéal, sociétal et économique ? ; même sans évoquer le bien-être des personnes concernées je suis intimement convaincu de l’utilité sociale et économique de « temps de pause » ;
  • les indicateurs retenus sont-ils pertinents ? ; illustration par l’absurde : la société et notre niveau de vie (matériel et immatériel) se porteraient-ils mieux si les 1.400.000 inactifs avaient tous une heure de travail par semaine, ce qui donnerait un taux d’activité de 100% ? ;
  • la « labellisation » des activités induit parfois une vision étroite ; exemple : une personne qui dispose de six semaines de congé par an est reprise dans les actifs tandis qu’un jeune (ou moins jeune…) travailleur qui s’arrête pendant un mois et n’a pas de contrat en poche (il ne cherche même pas parce qu’il sait qu’il trouvera facilement un job en tout état de cause) sera considéré comme inactif ;
  • les personnes malades ou accidentées et prises en charge par la protection sociale sont, pour partie, considérées par l’Enquête sur les forces de travail comme non-actives (exemple : un travailleur qui est passé du chômage à l’INAMI) alors même qu’elles sont prises en charge par la sécurité sociale parce qu’elles ont été actives et le redeviendront ; 
  • la non-prise en compte de personnes en formation professionnelle pose problème dès lors qu’il est beaucoup insisté sur la nécessité de se former ; au passage on notera qu’une personne qui a la chance de suivre une formation longue dans ses heures de travail sera considérée comme active mais pas une personne qui la suit en étant chômeuse sans être immédiatement disponible sur le marché du travail ; cette dernière sera dès lors considérée comme inactive ;
  • les personnes travaillant à l’étranger mais ne vivant pas en Belgique tout en y étant domiciliées ne sont pas répertoriées comme actives mais bien comme inactives ;
  • il ne faut pas oublier les personnes de 25 ans et plus qui sont étudiantes ;
  • même si c’est statistiquement relativement anecdotique, le non prise en compte des personnes vivant dans un ménage collectif (prisons, maisons d’accueil de personnes porteuses de handicaps…) est symboliquement violent ;
  • enfin, il n’y a pas, c’est un euphémisme, de corrélation « forte » au sein de l’Union européenne entre le taux d’activité des 25-64 ans et le revenu national brut (RNB) par tête.

Les données administratives permettent d’aller plus loin dans l’analyse.

  1. Premier constat : le nombre de personnes inactives calculées à partir des données administratives est moindre que celui résultant de l’Enquête sur les forces de travail : en  2019 la population inactive estimée par l’IDD s’élève à 1.209.000 (et encore, ce nombre est probablement sur-estimé) alors que Stijn Baert l’estime à 1.372.000. Une différence de 163.000 personnes ce n’est pas rien !
  2. Mais là n’est pas le point essentiel. Il réside dans le regard que l’on porte sur les différentes composantes de la population des inactifs et de leurs caractéristiques. Rappelons à cet égard, par exemple, que, dans les inactifs, il y a de nombreuses personnes (247.000 personnes en incapacité de travail, 59.000 handicapé.e.s, 43.000 bénéficiaires du revenu d’intégration non inscrits comme demandeurs d’emploi, public probablement très fragile) dont la remise à l’emploi est soit impossible ou non souhaitable ou nécessite des dispositifs qui sont aujourd’hui quantitativement et qualitativement insuffisants. Trois commentaires ici :
  • la plupart des personnes en incapacité de travail retourneront sur le marché du travail à l’issue de leurs difficultés de santé ; ces personnes ont un lien fort avec le marché du travail, ne serait-ce que parce qu’elles sont en incapacité de travail après avoir été à l’emploi ou au chômage, même si elles sont temporairement inactives ; ceci plaide pour une approche dynamique de l’activité et de l’inactivité ;
  • les personnes en fin de carrière constituent certes un réservoir potentiel pour augmenter le taux d’activité ; mais deux remarques à cet égard : 1° faire glisser des personnes d’un statut de fin de carrière à un statut de chômeur sans réelle perspective d’emploi n’a pas beaucoup de sens et 2° on sait que les réticences pour embaucher des chômeurs âgés restent vives ;
  • si, certes, les concepts de base pour suivre le marché du travail sont simples (d’une part les actifs, dont font partie les chômeurs, et d’autre part les inactifs), ils empêchent peut-être aussi une vision à 360° ; illustration : une personne qui reprend des études de plein exercice à 35 ans me semble tout aussi active (le mot est utilisé ici dans le sens courant) qu’un salarié qui se forme dans son entreprise.

Il est évident que l’activité dans un emploi est d’un grand apport dans la vie de la plupart d’entre nous. Ceux qui n’en n’ont pas souvent en souffrent et manifestent cette souffrance de diverses manières. Mais les emplois sont de qualité variable, certains d’entre eux n’étant pas utiles économiquement, ni socialement, ni individuellement, alors que des activités menées hors champ de l’emploi par des actifs et des inactifs sont très utiles.

Plus que d’agrégats très grossiers, une politique de pleine participation nécessite des lectures plus sophistiquées et nuancées des réalités socio-économiques, une vision dynamique des parcours de vie, des indicateurs fins, des dispositifs nombreux et forts (crèches, formations généralistes et pointues, aides à la création d’emplois, amélioration des conditions de travail, divers accompagnements…) pour rencontrer les difficultés objectives de nombreuses personnes et de (re)donner du sens à beaucoup d’activités, dans et hors l’emploi.

Plus dans la note jointe.

Les dépenses alimentaires des belges : analyser les évolutions pour appréhender les changements à venir

lundi, avril 27th, 2020

La question alimentaire fait partie de la crise que nous traversons: déplacements de repas et de consommation de boissons de l’HORECA vers le domicile, intérêt important pour le « sec » et succès des aliments surgelés, constitution de stocks (la ruée sur les magasins des débuts de crise), hausse des prix, pour certains produits en tout cas, difficultés dans le secteur de l’aide alimentaire, augmentation des ventes de certains équipements (machines à pain, congélateurs), (re)découverte par beaucoup de consommateurs des circuits courts, un rappel de l’importance des saisonniers.

Si on ne sait pas encore comment évolueront ces comportements après le déconfinement, l’alimentation fait l’objet depuis quelques années d’analyses, de propositions de changements structurels et de démarches (circuits courts, montée du bio, etc.) qui, dans le cadre du défi climatique et des enjeux de biodiversité, ne sont pas près de s’arrêter.

Dans ce contexte, la nouvelle Analyse de l’Institut pour un Développement Durable propose une mise en perspective des dépenses alimentaires dans la consommation des ménages belges.

Revenus, pouvoir d’achat et dépenses alimentaires

L’augmentation de long terme du niveau de vie a conduit à un recul de la part des dépenses alimentaires dans le budget des ménages de 27,8% en 1960 à 11,1% en 2018. On constate néanmoins que cette part est plus ou moins stable autour de 11% depuis l’an 2000.

Attention, il faut noter qu’une une part croissante des dépenses alimentaires est désormais assurée via les restaurants et les dépenses à l’étranger, deux consommations qui ont augmenté plus vite que les dépenses alimentaires.

La structure des dépenses alimentaires

La structure des consommations alimentaires a bien sûr bougé au cours du temps. Entre 1978 et 2018 on observe (notamment) :

  • un recul de la consommation de pains et petits pains de 8,4% à 6,3% du total des dépenses alimentaires
  • un effacement de la part du beurre et de la margarine de 4,7% à 1,6%
  • le fort recul des viandes et produits à base de viande de 36,3% à 22,3%
  • une montée en phase des céréales (0,5% à 1,2%), des fruits frais et surgelés (6,0% à 8,2%) des pomme s de terre et produits à base de pommes de terre (de 1,9% à 2,8%), des fruits secs (de 0,2% à 1,0%)
  • un quasi doublement de la part des produits de la mer de 3,9% à 6,8%
  • un plus que triplement de la part du budget alimentaire consacrée aux plats préparés de 2,6% à 8,0%.

Les prix alimentaires depuis 1996

On a été longtemps habitués à une baisse structurelle des prix des produits alimentaires relativement à la moyenne des prix.

Mais des inflexions sont apparues depuis 2000, en particulier au cours des années 2005-2012 qui ont enregistré des hausses significatives des prix d’une série de produits emblématiques. Ont, par exemple, vu leur prix augmenter plus vite que la moyenne des prix : les pommes de terre (leur prix à triplé entre 1996 et 2020!), le beurre, les œufs, les farines, le pain et le lait. Par contre pour la viande de porc et le yaourt les prix ont évolué au même rythme que la moyenne des prix.

Ces produits emblématiques ne donnent bien sûr qu’une image partielle des évolutions des prix alimentaires. Mais au total, les prix alimentaires ont augmenté de 9% de plus que la moyenne des prix entre 1996 et 2020 (2 premiers mois).

Les unes dans les autres, ces évolutions aboutissent à ce que la part des dépenses alimentaires dans le budget des ménages remonte au cours de ces dernières années.

Les niveaux de revenus

Contrairement à ce qui est souvent avancé, la part des dépenses alimentaires dans le total des dépenses des ménages ne bouge pas d’un quartile à l’autre. Par contre, la part des achats alimentaires indirects, via les repas à l’extérieur ou livrés à domicile, augmente avec les revenus, de 2,9% pour le 1er quartile à 5,2% pour le 4ième quartile.

Et la suite ?

Analyser les tendances passées, même récentes, alors que l’on s’attend à des inflexions majeures dans la foulé de le crise peut paraître vain.

Ce qui convaincu l’Institut pour un Développement Durable de le faire malgré tout c’est que la nature et l’ampleur de ces changements pourront être mieux appréhendées sur base des tendances passées. Et la principale dans cette perspective est que la part des dépenses alimentaires dans les dépenses des ménages était, déjà avant la crise, appelée à augmenter.

Quant aux évolutions de la structure des dépenses alimentaires il est évidemment trop tôt pour savoir celles qui, le cas échéant, connaîtront des points d’inflexion et/ou des accélérations.

Ceci dit, une fois de plus on constate que l’appareil statistique belge manque d’ambition pour suivre au plus près ce qui sera un enjeu socio-économique majeur de la période qui s’est ouverte avec la crise sanitaire ; illustrations :

  • beaucoup de données sont au main du secteur privé (Nielsen, GfK…)
  • les Enquêtes sur le budget des ménages ne se font plus que tous les deux ans et on peut avoir des doutes sur certains ordres de grandeur qui en découlent ; il faut aussi améliorer la connaissances des achats alimentaires des plus pauvres, ce que ne permet pas vraiment l’Enquête sur le budget des ménages ;
  • les indices de prix proposés par Stat.Bel sont, pour la partie alimentaire, moins détaillés que précédemment ;
  • des données pertinentes sont disponibles mais pas publiées ; elles devraient l’être bien sûr ; on pense par exemple aux détails de la consommation alimentaire dont dispose l’Institut des Comptes Nationaux ;
  • enfin, on manque de données et d’études qui permettent d’appréhender de manière plus fine ce qui bouge sur le terrain, par exemple l’évolution des activités de maraîchage en lien avec le développement des circuits courts.

Pour le reste et pour la suite, on verra. Mais l’augmentation récente, pour la première fois depuis longtemps, du nombre d’indépendants actifs en agriculture est le signe que cela bouge sur le terrain, voire un signe d’espoir.

Plus de développements dans la note jointe.

Un vagabondage démographique à partir du COVID-19

lundi, mars 30th, 2020

La pandémie actuelle de coronavirus est exceptionnelle de par son ampleur et sa potentielle dangerosité et c’est donc dans l’urgence que les décideurs, les services de secours et les scientifiques interviennent.

Mais déjà des philosophes, des économistes, des sociologues… s’interrogent sur l’après-épidémie et l’avenir à moyen et long terme de notre comportement et de notre économie.

Dans la note jointe, nouvelle Analyse de l’IDD, l’épidémie actuelle est placée dans une perspective démographique riche des enseignements du passé et ouverte sur des scénarios d’avenir qu’on espère ne pas voir concrétisés.

Petit complément : « A chaque tranche de 100 morts supplémentaires provoqués par le coronavirus, l’espérance de vie belge recule d’environ deux centièmes d’années, soit 7,3 jours. Si finalement on arrivait à 1.000 morts en Belgique – on en est loin mais cela pourrait changer -, l’espérance de vie à la naissance reculerait de 20 centièmes d’année, soit 73 jours. Pour mémoire, 20 centièmes d’année, c’est actuellement une bonne année de croissance de l’espérance de vie annuelle. Donc on perdrait ce gain annuel. »

Quelle aide alimentaire ?

lundi, mars 30th, 2020

Les aides alimentaires dont bénéficient les précarisés (colis, épiceries sociales, restaurants sociaux) n’ont jamais été une solution structurelle à la précarité. Encore moins maintenant qu’à certains endroits cette action n’est pas résiliente non plus ; en effet, dépendant de bénévoles souvent âgés, et qui légitimement souhaitent se protéger, beaucoup de structures voient leur action entravée, sans évoquer les difficultés d’approvisionnement. La Brève n°34 de l’IDD propose quelques points de repère pour une réponse structurelle.

Coronavirus et (re)distribution des revenus – Coronavirus en inkomen (her)verdeling

lundi, mars 23rd, 2020

(tekst in het nederlands hieronder)

Cette analyse de l’Institut pour un Développement Durable propose une démarche en trois temps.

Elle commence par une analyse critique des mesures prises récemment en matière de revenus (chômage temporaire et droit passerelle en particulier).

Il ne s’agit pas de « flinguer » ces mesures ; il fallait, d’évidence, des mesures rapides et fortes, pour rassurer sur les plans économique, social et psychologique. Mais l’urgence ne peut tout justifier, en particulier des oublis ou des inégalités de traitement. Et on peut améliorer le dispositif global au fur et à mesure.

C’est pour cela que cette note se poursuit avec des propositions de réforme à court terme, principalement pour améliorer l’équité du dispositif mis en place, et, pour le moyen terme, avec des propositions de réforme en profondeur de notre système de protection sociale.

La possibilité de mettre en œuvre un helicopter quantitative easing est également évoquée dans cette note.

Les temps sont difficiles et les urgences nombreuses. Mais rappelons que les grandes réformes sociales de l’après guerre ont, dans de nombreux pays, été préparées en temps de guerre. Pourquoi n’en serait-on pas capable dans la situation actuelle ?

Plus de développements dans la note jointe.


In deze analyse van het Instituut voor Duurzame Ontwikkeling wordt een driestappenaanpak voorgesteld.

Het begint met een kritische analyse van recente inkomensmaatregelen (tijdelijke werkloosheid bijvoorbeeld).

Het gaat er niet om deze maatregelen te « schieten »; er was duidelijk behoefte aan snelle en krachtige maatregelen om op economisch, sociaal en psychologisch vlak gerust te stellen. Maar urgentie kan niet alles rechtvaardigen, vooral vergissingen of ongelijke behandeling. En het totale systeem kan gaandeweg worden verbeterd.

Daarom gaat deze nota verder met voorstellen voor hervormingen op korte termijn, vooral om de eerlijkheid van het ingevoerde systeem te verbeteren, en op middellange termijn met voorstellen voor een diepgaande hervorming van ons socialebeschermingsstelsel.

De mogelijkheid om een helicopter quantitative easing kwantitatieve in te zetten wordt ook in deze nota besproken.

Tijden zijn moeilijk en noodgevallen zijn talrijk. Maar we mogen niet vergeten dat de grote naoorlogse sociale hervormingen in veel landen in oorlogstijd zijn voorbereid. Waarom zouden we dat in de huidige situatie niet kunnen doen?

Meer ontwikkelingen in de bijgevoegde nota.

Quelques indicateurs socio-économiques détaillés en fonction de la position dans le ménage

lundi, novembre 25th, 2019

Les hommes de 18-64 ans en couple avec enfant(s) bénéficient d’un taux d’emploi très élevé (87%), sont très peu souvent en chômage (5%) et recourent donc significativement beaucoup moins aux mécanismes de solidarité (sécurité et assistance sociales).

C’est là une des conclusions de la dernière analyse de l’Institut pour un Développement Durable dont le principal intérêt est de détailler des indicateurs socio-économiques en fonction de la position que les personnes occupent dans le ménage (en couple avec ou sans enfant(s), chef de ménage monoparental, enfant, isolé…).

Pour les besoins de cette étude, on a retenu les données des personnes domiciliées en Belgique, âgées de 18 à 64 ans, réparties en fonction de la région, de l’âge, du genre et de leur position dans le ménage.

Principal constat : les membres d’un couple avec enfant(s) ont un taux d’emploi et un taux d’activité très élevés, en absolu et par comparaison avec des personnes ayant d’autres positions dans leur ménage. Leur taux de chômage est très bas : 6% contre 10% en moyenne. Ils sont très peu nombreux à devoir recourir au revenu d’intégration sociale (trois fois moins qu’en moyenne). La proportion de ces personnes qui doivent compter sur la sécurité sociale est très faible par rapport aux autres catégories de personnes (6% contre 18%).

Les taux d’emploi et d’activité des membres d’un couple sans enfant sont inférieurs à la moyenne et très nettement inférieurs à ceux des couples avec enfant(s). Deux explications possibles : il s’agit d’une part de ménages qui estiment que leur situation économique n’est pas assez assurée pour fonder une famille et d’autre part de couples plus âgés, qui n’ont plus d’enfant à la maison, et qui, comme d’autres personnes plus âgées, sont plus susceptibles d’être, par exemple, invalides.

Les membres (parents et enfants) des ménages monoparentaux, les personnes isolées et les « autres » (= autres membres d’un ménage, personnes habitant un ménage collectif…) ont un taux d’emploi moindre et un taux de chômage beaucoup plus élevé. Leur recours au revenu d’intégration (ou à l’aide équivalente) est très supérieur à la moyenne.

Pour l’essentiel, ces constats valent si on détaille les indicateurs en fonction du genre, de l’âge ou de la région. Les résultats sont présentés en détail dans la note et l’annexe jointes.

Évaluer la mise en œuvre de la Déclaration politique Wallonie 2019-2024 : premières réflexions et propositions

dimanche, septembre 22nd, 2019

La p.6 de la Déclaration de politique Wallonie 2019-2024 annonce la mise en place d’un Haut Conseil Stratégique (HCS) : « Un Haut Conseil Stratégique (HCS), interdisciplinaire et composé d’experts scientifiques indépendants, sera mis en place afin d’accompagner le Gouvernement dans la réalisation de ses objectifs fondamentaux :

– La réduction de 55% des GES à l’horizon 2030 par rapport à 1990 ;
– L’amélioration du taux d’emploi de 5% à l’horizon 2025 ;
– La réduction du taux de pauvreté.Le Haut Conseil élaborera des indicateurs permettant d’examiner la réduction des gaz à effet de serre, l’amélioration du taux d’emploi et la réduction de la pauvreté. »

Dans cette perspective, cette nouvelle analyse de l’Institut pour un Développement Durable propose une série de réflexions et propositions. Elle le fait pour cinq dimensions de la Déclaration de politique Wallonie : les émissions de gaz à effet de serre (GES), le taux d’emploi des 20-64 ans, le taux de pauvreté, les 3 objectifs principaux évoqués ci-dessus ; ont été ajoutées deux dimensions, le parc de logements publics et les besoins en soutiens aux personnes âgées, tant ces deux politiques sont liées aux ambitions climatiques et sociales.

Cette note est plus qu’une note de travail mais n’est pas non plus un document « définitif ».

En effet il reste beaucoup de travail à faire, tant dans la définition plus précise des objectifs que dans le choix des indicateurs et de leurs spécifications techniques.

Mais quelques grandes conclusions apparaissent dès maintenant : certains objectifs doivent être (mieux) définis, il faut accélérer la production et la mise à disposition des données statistiques, il faut aussi diversifier les sources, combiner des données administratives et des résultats d’enquêtes et, pour certaines politiques, élaborer des indicateurs « précurseurs ».

Les réflexions et propositions de l’Institut pour un Développement Durable – contenues dans la note jointe – se veulent un premier apport à un débat qui s’annonce passionnant ; il le sera d’autant plus qu’il sera ouvert en associant tous les acteurs concernés, y compris l’opposition.

 

Le bonheur des Belges – Het geluk van de Belgen

dimanche, septembre 15th, 2019

(tekst in het nederlands hieronder)

LE BONHEUR DES BELGES

Introduction

« Dans l’ensemble, dans quelle mesure êtes-vous satisfait de votre vie actuelle ? »
« Tout bien considéré, dans quelle mesure diriez-vous que vous êtes heureux ? »

Voici les scores moyens des réponses des Belges à ces deux questions, scores détaillés par genre.

Mais la présente analyse de l’Institut pour un Développement Durable propose bien d’autres résultats quant au bien-être des Belges. En voici l’essentiel.

Le bonheur des Belges : quelques indicateurs essentiels

Le niveau moyen de satisfaction ou de bonheur varie en fonction de diverses caractéristiques des individus au sein d’un pays donné. C’est ainsi que :

  • les niveaux de satisfaction de vie et de bonheur baissent à partir de l’entrée dans la vie active pour remonter à l’âge de la retraite ; la satisfaction et le bonheur en particulier se tassent cependant chez les plus âgés (75 ans et plus) ;
  • les niveaux de satisfaction et de bonheur augmentent avec les revenus
  • les personnes qui vivent seules sont moins satisfaites et moins heureuses que les personnes vivant à plusieurs ; les personnes vivant dans de très grands ménages (5 personnes ou plus) semblent particulièrement heureuses ;
  • les scores de satisfaction de vie et de bonheur en Wallonie sont inférieurs à ceux de la Flandre ; les différences entre la Wallonie et Bruxelles sont faibles.

Le bonheur des Belges : des mises en perspective

Les études sur le bien-être essayent de mettre en valeur des « déterminants » du niveau de satisfaction de vie ou de bonheur. Voici quelques mises en perspective : Ont tendance à être plus satisfaites de la vie et plus heureuses les personnes

  • qui font plutôt confiance aux autres
  • qui estiment que la plupart des gens essaient de rester corrects plutôt que d’en profiter
  • qui estiment que les gens (les autres) essaient d’être utiles plutôt que de se préoccuper (le plus souvent) d’eux-mêmes
  • qui ont – en dehors du travail – beaucoup de contacts sociaux
  • qui estiment participer à beaucoup d’activités sociales comparativement à des personnes du même âge
  • qui estiment être en bonne santé
  • qui se déclarent être de droite plus que celles qui se déclarent de gauche
  • qui font confiance aux hommes et femmes politiques
  • qui ont confiance en la justice
  • qui estiment que la démocratie en Belgique fonctionne plutôt bien.
  • qui estiment bon l’état des services de santé en Belgique
  • qui estiment que leur revenu actuel leur permet de « bien » vivre.

Attention : en matière de satisfaction de vie et de bonheur il est difficile d’établir des causalités, les influences éventuelles pouvant être bi-directionnelles. Illustrations : est-on satisfait/heureux parce qu’on fait confiance aux autres ou a-t-on tendance à faire confiance aux autres parce qu’on est satisfait/heureux ? ; est-on satisfait/heureux parce qu’on a beaucoup d’activités sociales ou a-t-on beaucoup d’activités sociales parce qu’on est satisfait/heureux ? ; être satisfait ou heureux ne conduit-il pas à plus facilement estimer que son revenu est « confortable » tout comme on peut supposer qu’un revenu jugé « confortable » influence positivement la satisfaction de vie et le bonheur ?

Le bonheur des Belges : la dimension régionale

Les niveaux de satisfaction de vie et de bonheur moyens sont en Wallonie significativement inférieurs à ceux observés en Flandre. Voici observations à cet égard :

  • Les wallons sont moins enclins que les flamands et les bruxellois à faire confiance aux autres.
  • Les flamands pensent plus que les wallons et les bruxellois que des gens essaient de rester corrects plutôt que d’en profiter ; ils sont également plus tentés de penser que les gens cherchent à être utiles plutôt que de (seulement) se préoccuper d’eux-mêmes.
  • En matière d’intensité des relations sociales et des activités sociales, il n’y a pas vraiment de différences entre les régions.
  • Pour ce qui est de la santé subjective, pas de différence entre les flamands et les wallons tandis que les bruxellois s’estiment en moyenne un peu plus en bonne santé.
  • Sans surprise, les wallons sont en moyenne plus à gauche que les flamands mais un tout petit moins que les bruxellois.
  • Les wallons ont tendance à faire moins confiance que les bruxellois et les flamands dans les politiciens et dans la justice.
  • Les wallons sont moins satisfaits que les flamands et que les bruxellois en la démocratie et en le système de santé.
  • Enfin, les wallons et les bruxellois jugent leurs revenus en moyens plus insuffisants que les flamands.

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Soulignons pour conclure la valeur ajoutée de cette étude par rapport à d’autres qui traitent également du bien-être :

  1. Un échantillon d’excellente qualité.
  2. Un échantillon de près de 6.000 répondants.
  3. Une approche conjointe des indicateurs « satisfaction de vie » et « bonheur »
  4. Un approfondissement de la dimension régionale.

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Le lecteur intéressé trouvera plus d’informations dans la note de synthèse jointe. Une note plus complète – avec les références et plus d’informations quantitatives – est également disponible.

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HET GELUK VAN DE BELGEN

Inleiding

« Alles bij elkaar genomen, hoe tevreden bent u vandaag de dag met uw leven over het algemeen? »
« Alles bij elkaar genomen, hoe gelukkig zou u zeggen dat u bent? »

Hier zijn de gemiddelde scores van de antwoorden van de Belgen op deze twee vragen, gedetailleerd per geslacht.

Maar deze analyse van het Instituut voor Duurzame Ontwikkeling biedt nog vele andere resultaten over het welzijn van de Belgen. Hier is het grootste deel ervan.

Het geluk van de Belgen: een aantal essentiële indicatoren

Het gemiddelde niveau van tevredenheid of geluk varieert naar gelang van de verschillende kenmerken van individuen in een bepaald land. Dat is hoe:

  • de tevredenheid en het geluk in het leven nemen af vanaf het moment dat mensen de arbeidsmarkt betreden tot aan de pensioengerechtigde leeftijd; met name de tevredenheid en het geluk nemen echter af bij ouderen (75 jaar en ouder);
  • de tevredenheid en het geluk nemen toe met het inkomen
  • alleenstaanden zijn minder tevreden en minder gelukkig dan mensen die samenwonen; mensen die in zeer grote huishoudens (5 of meer mensen) wonen, lijken bijzonder gelukkig;
  • de levenstevredenheid en geluksscores in Wallonië zijn lager dan in Vlaanderen; de verschillen tussen Wallonië en Brussel zijn klein.

Het geluk van de Belgen: enkele « determinanten »

Welzijnsstudies proberen de « determinanten » van de mate van levenstevredenheid of geluk te benadrukken. Hier zijn enkele perspectieven: neigen naar meer tevredenheid over het leven en gelukkiger mensen

  • die liever anderen vertrouwen
  • die geloven dat de meeste mensen proberen correct te blijven in plaats van er gebruik van te maken
  • die menen dat mensen (de anderen) nuttiger zijn dan (meestal) bezorgd om zichzelf
  • die – buiten het werk – veel sociale contacten hebben
  • die het gevoel hebben dat ze deelnemen aan veel sociale activiteiten in vergelijking met mensen van dezelfde leeftijd
  • die geloven dat ze in goede gezondheid verkeren
  • die beweren meer rechts te zijn dan degenen die beweren links te zijn
  • die vertrouwen hebben in politici
  • die vertrouwen hebben in het rechtssysteem?
  • die geloven dat de democratie in België vrij goed werkt
  • die de toestand van de gezondheidsdiensten in België als goed beschouwen
  • die het gevoel hebben dat hun huidige inkomen « confortabel » zijn.

Let op: in termen van levenstevredenheid en geluk is het moeilijk om causaliteiten vast te stellen, aangezien mogelijke invloeden tweerichtingsverkeer kunnen zijn. Illustraties: zijn we tevreden/gelukkig omdat we anderen vertrouwen of hebben we de neiging om anderen te vertrouwen omdat we tevreden/gelukkig zijn; zijn we tevreden omdat we veel sociale activiteiten hebben of hebben we veel sociale activiteiten omdat we tevreden/gelukkig zijn; maakt het niet tevreden of gelukkig zijn het makkelijker om in te schatten dat ons inkomen « comfortabel » is, net zoals we kunnen veronderstellen dat een inkomen dat als « comfortabel » wordt beschouwd een positieve invloed heeft op de levenstevredenheid en het geluk?

Het geluk van de Belgen: de gewestelijke dimensie

De gemiddelde niveaus van levenstevredenheid en geluk zijn in Wallonië beduidend lager dan in Vlaanderen. Hier zijn enkele opmerkingen in dit verband:

  • Walen zijn minder geneigd dan Vlamingen en Brussel om anderen te vertrouwen.
  • Vlamingen denken meer dan Walen en Brussel dat mensen proberen correct te blijven in plaats van er gebruik van te maken; ze zijn ook meer geneigd te denken dat mensen proberen nuttig te zijn in plaats van (meestal) voor zichzelf te zorgen.
  • Wat de intensiteit van de sociale betrekkingen en sociale activiteiten betreft, zijn er geen echte verschillen tussen de regio’s.
  • Wat de subjectieve gezondheid betreft, is er geen verschil tussen Vlamingen en Walen, terwijl de Brusselaars zichzelf gemiddeld iets gezonder vinden.
  • De Walen zijn dan ook gemiddeld meer links dan de Vlamingen, maar iets minder dan de Brusselaars.
  • Walen hebben over het algemeen minder vertrouwen in politici en het rechtsysteem dan Brusselaars en Vlamingen.
  • Walen zijn minder tevreden dan Vlamingen en Brusselaars over de democratie en de gezondheidszorg dan Vlamingen en Brusselaars.
  • Tot slot vinden de Walen en Brusselaars hun inkomsten minder confortabel dan die van Vlaanderen.

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Tot slot is het vermeldenswaard dat deze studie een toegevoegde waarde heeft ten opzichte van andere studies die ook betrekking hebben op welzijn:

  1. Een steekproefvan uitstekende kwaliteit.
  2. Een steekproef van bijna 6.000 respondenten.
  3. Een gezamenlijke aanpak van de indicatoren « levenstevredenheid » en « geluk ».
  4. Een verdieping van de regionale dimensie.

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De geïnteresseerde lezer vindt meer informatie in de toegevoegde samenvatting. Een meer volledige nota – met referenties en meer kwantitatieve informatie – is ook beschikbaar.