La fiscalité des petits salaires | Belasting van lage lonen

mai 9th, 2021

(in het nederlands hieronder)

Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir

L’augmentation de la quotité exemptée d’impôt figure en bonne place sur la liste des propositions visant à augmenter le revenu disponible en bas de l’échelle des salaires.

Aussi convaincante et légitime qu’elle puisse être, cette proposition n’a cependant aucun impact ou un impact limité sur le net de nombreux petits salaires.

Continuer à avancer cette proposition comme solution pour (tous) les petits salaires relève au mieux de la méconnaissance des mécanismes fiscaux, au pire d’une forme de tromperie (le véritable objectif serait-il d’augmenter le net pour des catégories de travailleurs plus aisées ?).

Si on veut vraiment augmenter le net de tous les petits salaires via l’impôt, il faut passer par des crédits d’impôt intégralement et immédiatement remboursables, quitte à ce que le précompte professionnel soit négatif.

Plus dans la note jointe.

Philippe Defeyt

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Niemand is zo blind als degene die niet wil zien

Het verhoging van het belastingvrij minimum staat hoog op de lijst van voorstellen om het beschikbare inkomen aan de onderkant van de loonschaal te verhogen.

Hoe overtuigend en legitiem dit voorstel ook moge zijn, het heeft weinig of geen gevolgen voor het netto-inkomen van veel mensen met een laag loon.

Dit voorstel naar voren blijven schuiven als een oplossing voor (alle) mensen met een laag loon is op zijn best een miskenning van belastingmechanismen, op zijn slechtst een vorm van misleiding (is het werkelijke doel het nettoloon voor meer comfortabele werknemers te verhogen ?).

Als we het netto-inkomen van alle mensen met een laag loon echt willen verhogen door middel van belastingen, moeten we gebruik maken van heffingskortingen die volledig en onmiddellijk terugbetaalbaar zijn, zelfs als dat betekent dat de bedrijfsvoorheffing negatief wordt.

Meer in de bijgevoegde nota.

Philippe Defeyt

Éclairer le débat sur le salaire minimum et les bas salaires

mai 8th, 2021

Cette note de l’Institut pour un Développement Durable veut éclairer le débat sur le salaire minimum et par là même celui sur les bas salaires.

Une première information à cet égard : entre 2010 et 2020 le salaire minimum a décroché de 5% par rapport au salaire horaire moyen calculé sur base des données macroéconomiques.

Une seconde information : en bas de l’échelle des salaires, toute augmentation salariale se traduit, à la marge, par un taux de prélèvement (cotisations sociales personnelles et précompté professionnel) de l’ordre de 70%.Plus, y compris des propositions d’améliorations concrètes, dans la note jointe.

Les conséquences inattendues d’un relèvement du revenu d’intégration

avril 26th, 2021

Le Soir a publié le 26-04-2024 une carte blanche rédigée par Ricardo Cherenti et Philippe Defeyt intitulée : Les conséquences inattendues d’un relèvement du revenu d’intégration

Les données et calculs qui soutiennent l’argumentation sont disponibles ici

Émissions de CO2 : le compte n’y est pas (encore?)

février 9th, 2021

La Brève n°52 de l’IDD se concentre sur les émissions de CO2 de deux secteurs : la circulation routière et le résidentiel. Les raisons de ce choix : la part croissante de la circulation routière dans le total des émissions et les enjeux socio-économiques (les masses financières et les capacités de production qu’il faudra mobiliser pour atteindre les objectifs en matière d’émissions) dans le résidentiel.

Allons directement à l’essentiel : en l’état, et donc sans coup de barre et sans coup d’accélérateur forts, il sera (très) difficile d’atteindre en 2030 dans ces deux secteurs un objectif de diminution des émissions de -55% (par rapport à 1990). Ce coup de barre et ce coup d’accélérateur passeront par des changements de comportements et technologiques, par des investissements privés et publics, et par la mise en œuvre concertée d’instruments économiques et règlementaires.

Six commentaires :

  1. L’objectif de cette note n’est pas de mettre en cause l’objectif de -55% ni moins encore de laisser penser que cet objectif est inatteignable, mais bien de rappeler que, en l’état, il sera (très) difficile d’y arriver.
  2. Les scénarios proposés par l’IDD ne sont pas des prévisions ; ils se basent sur des hypothèses qui sont d’abord là pour montrer l’ampleur du défi ; ces scénarios sont d’autant plus optimistes, ambitieux si on préfère, qu’au cours des dernières années les émissions de CO2 ont eu tendance à plafonner, donnant l’impression que les dynamiques de réduction « s’épuisaient ».
  3. Les scénarios raisonnés de l’IDD, dont les hypothèses sont évidemment discutables, montrent néanmoins qu’une réduction des émissions de 55% dans deux secteurs – circulation routière et résidentiel, qui représentent en 2019 quasiment la moitié des émissions de CO2 liées à l’énergie – est, en l’état, un objectif (très) difficilement atteignable.
  4. Une insuffisante réduction des émissions de CO2 dans ces deux secteurs ferait peser un poids plus grand encore sur les autres émetteurs de CO2 ; hors, un de ces secteurs, celui de la production d’électricité, sera lui-même sous tension suite à la sortie du nucléaire, et l’on sait les difficultés de réduire de beaucoup les émissions, d’ici à 2030 en tout cas, dans d’autres secteurs, notamment dans l’agriculture.
  5. D’une manière générale il faudra, tant que la production d’électricité ne sera pas largement décarbonnée, tenir compte de possibles déplacements d’émissions locales de CO2 vers des émissions dans le secteur de la production d’électricité.
  6. Enfin, dès lors que les émissions de CO2 se retrouvent pour partie stockées dans l’atmosphère, le cheminement pour arriver aux -55% est important aussi ; au plus on s’y met vite, au plus sera réduite l’augmentation de la concentration d’ici à 2030.

Bref, ce sont des politiques ou des évolutions socio-économiques d’une toute autre ampleur, voire d’une autre nature, qui seront nécessaires pour arriver à l’objectif adopté par l’Union en décembre 2020.

Notons, pour terminer, qu’il est évidemment trop tôt pour savoir si la sortie de la crise liée au Covid apportera une contribution structurelle – par exemple des changements de comportements durables en matière de mobilité – pour atteindre les objectifs climatiques. Ceci dit il ne faut pas, le cas échéant, nécessairement en attendre monts et merveilles ; c’est ainsi, par exemple, qu’une étude du Bureau fédéral du Plan sur le télétravail a montré que « même dans le cas étudié d’une augmentation très importante de la pratique du télétravail au regard de son potentiel en Belgique, les effets (sur la congestion et le trafic total) restent modestes en termes absolus ». Enfin, il n’est pas exclu non plus qu’un éventuel ralentissement de la croissance « facilite » les choses, mais ce sera alors avec un coût social.

Plus dans note.

Le lecteur intéressé trouvera ici une analyse semblable des évolutions des émissions de CO2 dans le résidentiel wallon.

Philippe Defeyt

Sous/Sur-mortalité, mortalité Covid, mortalité « avancée » : un bilan de l’année 2020

janvier 18th, 2021

Cette Analyse de l’IDD vise à présenter un bilan commenté de la mortalité en 2020.

Voici les indicateurs essentiels :

L’interprétation de ces données doit tenir compte :
– de la sous-mortalité observée avant la période Covid vu l’absence de tout épisode grippal significatif
– de la sur-mortalité liée à la canicule en août
– de ce qu’une partie des victimes du Covid seraient de toute manière décédées plus tard, en 2020 ou au-delà ; c’est ce que la note de l’IDD appelle les décès « avancés »
– des conséquences indirectes, positives ou négatives, du contexte Covid sur la mortalité (exemples : moindre mortalité routière, des hospitalisations tardives, pas d’épisode grippal en fin d’année…)
– de la sous-mortalité observée chez les plus jeunes tout au long de l’année 2020.

Rappelons en outre que le calcul de la sous/sur-mortalité dépend directement de l’estimation de la mortalité attendue qui est, par définition, un exercice difficile et pour lequel il existe des méthodologies différentes.

Enfin, certaines données doivent encore être stabilisées (mais sans que cela ne doive modifier sensiblement les conclusions de cette note).

Tenant compte de ce qui précède, la principale conclusion de l’IDD c’est qu’une partie importante de l’écart entre le nombre de décès Covid et la sur-mortalité s’explique tout simplement par le fait qu’une partie des personnes dont le décès est attribué au Covid seraient de toute manière décédées plus tard en 2020.

Les données proposées par l’IDD étant différentes de celles de Sciensano publiées le 15 janvier (voir lien), voici un tableau comparatif des principaux indicateurs :

Plus dans la note disponible via ce lien.

Ajuster automatiquement les cotisations des indépendants aux fluctuations de leur revenu : une réforme structurelle au service des indépendants et de la relance

décembre 28th, 2020

En principe, depuis la réforme de 2015, les indépendants paient leurs cotisations sur base des revenus réels de la période en cours.

Le problème : les revenus sont connus avec retard. Il a donc fallu organiser un système de cotisations provisoires. Il y a donc, le moment venu, une régularisation basée sur l’écart entre les cotisations dues et celles déjà payées, pouvant aboutir sur un supplément à payer ou un remboursement à recevoir.

Depuis 2015, le législateur a donc prévu la possibilité, dans l’attente de la communication des revenus définitifs, de demander à payer des cotisations sociales réduites si l’indépendant estime que les revenus professionnels pour l’année en cours seront inférieurs à ceux sur la base desquels sont calculées les cotisations. Inversement, mais là les procédures sont plus fluides, l’indépendant qui estime que son revenu sera plus élevé que le revenu de référence proposé par la caisse pourra payer des cotisations plus importantes, soit sur base d’un accord, soit spontanément.

Même s’il constitue un progrès par rapport à la situation avant 2015, le système actuel de fixation des cotisations sociales n’est pas, loin de là, un optimum : la charge administrative, les difficultés objectives d’estimer le revenu pour l’année en cours, le système de planchers qui s’appliquent pour le calcul des cotisations réduites, les nombreux seuils concernant les indépendants en début d’activité, les différences de traitement entre les catégories d’indépendants sont les limites les plus importantes du système actuel. Il présente aussi le risque suivant : « Un indépendant qui demande une exonération ou une réduction des cotisations provisoires encourra une majoration s’il s’avère qu’il a payé trop peu sur la base des revenus définitifs de cette année de cotisations. »

La réforme proposée dans la note jointe vise à répondre à ces difficultés, dans un système cohérent, financièrement et juridiquement sécurisant, facile d’application, valable pour toutes les catégories d’indépendants.

La proposition concrète : Chaque trimestre, on établit une déclaration de revenu provisoire basée sur la valeur ajoutée (calculée à partir du chiffre d’affaires et des dépenses courantes de la déclaration TVA), diminuée des coûts salariaux, des loyers, des amortissements (fiscaux) et, s’ils sont déductibles à l’IPP, des intérêts des emprunts. C’est sur base de ce revenu provisoire que sont calculés les cotisations sociales et les versements anticipés.

Les avantages d’un tel système sont évidents :

  • les cotisations dépendent strictement et uniquement du revenu du trimestre précédent et donc : pas de revenu, pas de cotisations ; par là même la gestion de la trésorerie s’en trouve allégée
  • il assure une plus grande sécurité financière et juridique aux indépendants : l’indépendant dispose des informations pour calculer son revenu (il ne doit pas l’estimer) et si les cotisations et versements anticipés sont calculés sur base de ce revenu il n’y a aucun risque de pénalité
  • il réduit considérablement les ajustements à la hausse comme à la baisse des cotisations et impôts une fois les revenus définitifs connus
  • le système allège la charge administrative globale (caisses et indépendants)
  • il met tous les indépendants sur pied d’égalité
  • enfin, les données du revenu provisoire constitueraient un tableau de bord réaliste pour les indépendants qui manquent d’expérience et/ou de rigueur et, par là même, permettraient un accompagnement plus en amont des indépendants en difficultés et un suivi proactif des indépendants en retard de cotisations et/ou de versements anticipés.

Est-ce le moment de penser à des réformes structurelles diront certains ? Oui en l’occurrence, parce que cette réforme pourrait constituer une mesure du futur plan de relance socio-économique en soutenant les indépendants qui connaîtront encore des moments difficiles en 2021.

Plus dans la note accessible via ce lien.

L’emploi des peu qualifié.e.s en Wallonie

décembre 14th, 2020

NB : Cette Brève reprend l’essentiel d’un exposé fait dans le cadre d’un webinaire organisé par l’Instance de bassin Emploi-Formation-Enseignement de Huy-Waremme et consacré au thème « Quelles perspectives d’emploi pour les publics peu qualifiés dans un monde post Covid? »

La Brève n°51 de l’Institut pour un Développement Durable explore la question des peu qualifié.e.s.

Elle examine diverses statistiques : pourcentage de peu qualifié.e.s dans la population totale, dans la population active, dans l’emploi et dans le chômage, propose des comparaisons interrégionales et examine plus en détail les secteurs économiques qui concentrent l’essentiel de l’emploi salarié des peu qualifié.e.s.

Quelques conclusions et orientations :

  • En matière de niveau d’éducation et de mise à l’emploi des personnes peu qualifiées, le bilan wallon n’est pas brillant ; comment peut-on encore avoir près de 20% des 30-34 ans qui ne sont pas allé.e.s plus loin que le secondaire inférieur ? ; comment le pourcentage des peu qualifié.e.s dans l’emploi total reste-t-il nettement inférieur à leur part dans la population ?
  • On ne peu plus se contenter de l’approximation « niveau d’études » pour analyser et améliorer l’insertion des peu qualifié.e.s.
  • Des développements statistiques sont nécessaires (ex : mieux connaître la répartition sectorielle de ceux/celles qui passent par l’intérim).
  • Les secteurs qui occupent des peu qualifié.e.s sont plus nombreux et diversifiés que ceux auxquels on pense le plus souvent, à savoir : commerce, nettoyage, restaurants pour l’essentiel.
  • Dans chaque secteur il y a des dynamiques à l’œuvre qu’il faut essayer d’anticiper ; illustration : les administrations publiques sont en Wallonie le plus gros employeur de peu qualifié.e.s ; or les règles d’embauche actuelles signifient, de facto, la fin à terme des emplois de peu qualifié.e.s dans ce secteur.
  • L’étude de ces dynamiques spécifiques doit s’appuyer sur : 1° les dynamiques d’âge (plus ou moins de sorties de l’emploi dans les années à venir) ; 2° les compétences professionnelles acquises en cours de carrière (ex : administration publique, construction…) ; la problématique des formations et acquis (éventuellement validés) des peu qualifié.e.s à l’emploi est peu documentée : des actions volontaristes sont ici nécessaires.
  • Que l’on passe par les Territoires Zéro Chômeurs de Longue Durée ou par des formules plus classiques (ex : subsides à l’emploi comme dans les titres-services), il n’y aura pas de free lunch si on veut améliorer le niveau de participation des peu qualifié.e.s ; solvabiliser certaines activités potentielles susceptibles d’accueillir des peu qualifié.e.s nécessitera des moyens budgétaires supplémentaires.
  • Mais, bonne nouvelle, il y a des perspectives stimulantes pour embaucher des peu qualifié.e.s : l’économie circulaire (en particulier dans la construction), la transition écologique, les aides logistiques aux personnes âgées, les activités de loisir-tourisme relocalisées, etc. Attention : les innovations technologiques sont aussi présentes dans ces activités (ex : tri des déchets, domotique chez les personnes âgées…).
  • Il ne faut pas non plus oublier les conditions de vie des peu qualifié.e.s. qui peuvent rendre leur pleine participation plus compliquée.
  • Ne faut-il pas développer plus de métiers « intermédiaires » pour augmenter les possibilités d’insertion ?
  • Les peu qualifié.e.s sont souvent mal payé.e.s ; leur pouvoir d’achat doit être amélioré ; deux formules : l’augmentation du salaire minimum (peu crédible dans les circonstances socio-économiques et politiques de l’heure) ou l’allègement de l’IPP ; mais les caractéristiques actuelles du précompte professionnel font que seule la voie de crédits d’impôts permettrait d’améliorer réellement le net de nombreux.ses peu qualifié.e.s.
  • Enfin, ne faut-il, comme le suggère Thierry Dock, plaider « Pour un abandon du principe d’inemployabilité » ?

Plus dans la note jointe.

Revenus des restaurateurs, traiteurs et cafetiers (code NACE 56) et droit passerelle

novembre 18th, 2020

Très peu de temps après le début de la crise sanitaire (mars 2020), le gouvernement fédéral de l’époque a mis en place le droit passerelle dit Corona. Ce droit passerelle « nouvelle mouture » est pour l’essentiel l’activation d’un dispositif social pré-existant (au demeurant très peu utilisé), mais en facilitant grandement son accès, tant en ce qui concerne les conditions légales d’obtention que les démarches administratives. Ce dispositif social amélioré a été depuis lors prolongé, amélioré (droit passerelle doublé en novembre et décembre 2020) et étendu (par exemple le droit passerelle partiel ou le droit passerelle de soutien à la reprise).

Parmi les professions les plus touchées par la crise et les fermetures imposées, il y a bien sûr les restaurateurs, les traiteurs et les cafetiers (statistiquement = Code NACE 56).

Cette Brève de l’Institut pour un Développement Durable a pour objet de comparer les revenus des indépendants actifs sous le code NACE 56 avec la hauteur du droit passerelle.

La principale conclusion : On peut estimer qu’au moins 45% des indépendants actifs sous le code NACE 56 ont avec le droit passerelle un revenu (avant IPP) supérieur au revenu imposable (déduction faite des cotisations sociales donc) découlant de leur activité. Ce pourcentage monte à au moins 79% pendant les 3 mois où le droit passerelle a été doublé.

Quelle lecture politique faire de ce constat ?

Il apparaît essentiel de distinguer plus clairement les aides qui visent à garantir un certain niveau revenu des mesures dont l’objectif est de garantir le maintien de l’activité.

Notons ici que – implicitement en tout cas – l’aspect protection de l’activité semble l’avoir emporté sur la dimension garantie d’un revenu minimal dans la vision du droit passerelle de crise, ce qui expliquerait l’idée d’octroyer un double droit passerelle pour le dernier trimestre 2020 et la facilité pour y accéder.

Au total on ne dispose pas des données nécessaires pour déterminer qui va perdre (voire gagner dans certains cas ?) ni combien, d’autant plus qu’on peut imaginer que des indépendants devront rogner sur leur revenu pour payer la partie des dépenses fixes qui ne serait pas couverte par les aides régionales. Mais des réponses doivent être produites à cet égard, ne serait-ce que pour adapter les mécanismes de crise pour les rendre plus équitables en matière de revenus et plus efficaces en matière de maintien de l’activité. 

Il est temps de corriger structurellement les dispositifs imaginés/activés/modifiés dans l’urgence. Les indépendants ont comme tout travailleur le droit d’être protégés contre les pertes de revenus mais il n’y a aucune raison de ne pas s’inspirer des principes applicables en matière de chômage des salariés (proportionnalité, financement contributif et solidaire, prise en compte des périodes concernées dans le calcul de la pension). Les aides visant le maintien de l’activité doivent elles être proportionnées sur base de critères objectifs. Les deux types d’aides doivent être clairement dissociés, conceptuellement et concrètement, et la cohérence des interventions assurée entre les niveaux de pouvoir.      

Plus dans la note via ce lien.

octobre 26th, 2020
MORTALITÉ Covid : COMMENT EXPLIQUER 1.800 DÉCÈS EXCÉDENTAIRES ?

Cette note de l’Institut pour un Développement Durable vise deux objectifs principaux :

  1. Faire le point sur les décès dans le cadre de la crise sanitaire du Covid. La succession de données, au jour le jour, ne facilite pas une vision globale.
  2. En matière de « sur-mortalité » détailler les informations par genre et par grande catégorie d’âge, ce qui n’est pas fait sur le site de Sciensano ni sur celui de StatBel .

Les calculs et estimations intègrent les informations les plus récentes en ce qui concerne la population et les quotients de mortalité.

Quelques conclusions :

1. Cette note est un exercice exploratoire qui propose quelques pièces du puzzle dont l’image complète n’est pas encore, je pense, disponible. Et ces pièces ont j’espère une forme et un emplacement qui les rendront utiles. Ces pièces (potentielles) du puzzle sont bien sûr soumises à critique.

2. Sur le plan méthodologique, voici quelques éléments-clés :

  • les estimations des décès attendus sur base de moyennes des X dernières observations (par exemple la moyenne des décès des années 2009 à 2018 pour StatBel) ignorent les tendances de moyen terme ; c’est donc une méthodologie qu’il vaudrait mieux abandonner ;
  • les données compilées par l’IDD montrent tout l’intérêt de suivre les mortalités par genre et par âge ; ici aussi les moyennes des X dernières années ne rendent pas compte des tendances, au demeurant différenciées d’un âge à l’autre (ex : les décès des 75-84 ans ont tendance à diminuer alors que ceux des 85 ans et + ont tendance à gonfler) ;
  • il y a aussi un intérêt évident à considérer différentes sous-périodes pour mieux voir comment évoluent la sur/sous mortalité et les décès Covid ;
  • recourir aux quotients de mortalité tels que projetés par le Bureau fédéral du Plan est une bonne approche pour estimer la mortalité attendue.

3. Une mortalité « excédentaire » semble déranger ; l’intuition est en effet que – à enregistrement correct – la sur-mortalité doit plus ou moins correspondre au total des décès Covid.

En fait, l’explication semble relativement simple. Au vu des données utilisées dans cette note, les évolutions des décès sont compatibles avec le déroulé suivant :

  • une partie des personnes qui seraient mortes en début d’année si un épisode grippal normal était intervenu sont décédées – de manière étagée – au cours des mois suivants (du Covid le cas échéant) ;
  • une partie des décès Covid n’ont pas nécessairement été enregistrés en tant que tels au début de l’épidémie ;
  • une partie des personnes décédées du Covid auraient dû mourir plus tard en cours d’année 2020, ici aussi de manière étalée dans le temps ; dès lors les décès Covid impliquent une sous-mortalité dans les mois qui suivent ; c’est la principale explication de la mortalité « excédentaire ».

L’importance de ces « déplacements » de mortalité ne peut pas être estimée avec précision.

Plus dans la note jointe.

Peut-on atteindre un taux d’emploi de 80% en 2030 ?

octobre 5th, 2020

L’accord de la coalition Vivaldi annonce que : « Le Gouvernement récompensera le travail, accompagnera les groupes les plus vulnérables sur le chemin vers l’emploi et visera un taux d’emploi de 80% minimum pour 2030. »

Peut-on atteindre cet objectif ? Sur base du modèle prospectif construit par l’IDD, la réponse est oui, mais aux trois conditions cumulatives suivantes :

  1. L’emploi augmente à partir de 2022 au même rythme que celui observé entre 1995 et 2018, à savoir +1,3% par an en moyenne.
  2. La population des 20-64 ans baisse autant qu’attendu dans les Perspectives démographiques du Bureau fédéral du Pla
  3. Il faut adapter l’indicateur pour y arriver !

Trois commentaires :

  1. La croissance de 1,3% en moyenne par an de l’emploi (1995-2018) est favorablement influencée par de bonnes « performances » jusqu’au début du siècle ; les taux de croissance observés plus récemment sont souvent plus modestes. En même temps, la transition écologique, le développement du numérique et le vieillissement socio-démographique sont potentiellement sources d’emplois nouveaux ; par ailleurs la volonté du nouveau gouvernement est de mettre en place l’assainissement budgétaire de manière pondérée. Mais, même ainsi, c’est un fameux défi de créer 560.000 emplois d’ici à 2030.
  2. Toutes choses égales par ailleurs, une baisse de la population influence favorablement l’évolution du taux d’emploi. Mais un recul du solde migratoire net de l’immigration tel qu’injecté dans les Perspectives démographiques est-il compatible avec un taux de croissance de l’emploi de 1,3% ? Je ne le pense pas. Autre « correction » possible : un tel développement de l’emploi, couplé avec un recul de l’âge légal de la retraite, pourrait profiter proportionnellement plus à l’emploi des plus de 65 ans, diminuant donc la part des 20-64 ans dans l’emploi total plus que prévu dans les projections de l’IDD. Ces deux adaptations comportementales, liées à un marché du travail très dynamique, rendraient plus difficile d’atteindre un taux d’emploi des 20-64 ans de 80%, parce que diminuant le numérateur (l’emploi) et augmentant le dénominateur (la population).
  3. Enfin, dire qu’il faut « adapter l’indicateur pour y arriver » donnerait à penser qu’on veut changer d’instrument de mesure pour flatter les résultats. Non, bien sûr que non. Il s’agit simplement de constater que les deux indicateurs officiels du taux d’emploi – celui de l’Enquête sur les forces de travail et celui du Bureau fédéral du Plan – ne sont pas des outils adaptés pour mesurer correctement l’évolution du taux d’emploi.

C’est pour cela que l’IDD a élaboré son propre indicateur.

Avec un taux d’emploi (des 20-64 ans) de 80% en 2030 sur base de l’indicateur de l’IDD, qui repose déjà sur des hypothèses très favorables, le taux d’emploi estimé par l’Enquête sur les forces de travail se situerait à 78,5% et celui estimé par le Bureau fédéral du Plan à 75,4%. Avec les indicateurs du taux d’emploi utilisés à ce jour impossible donc d’arriver à 80% !

Par ailleurs, tenant compte des hypothèses retenues par l’IDD, il subsistera un important écart entre le taux d’emploi des hommes et celui des femmes. La parité en matière de taux d’emploi n’est pas encore en vue.

Se fixer des objectifs ambitieux peut inciter à produire des efforts pour y arriver. Mais il faudra en matière de taux d’emploi se doter d’un indicateur qui rend correctement compte des efforts accomplis, activer des mesures (formation, investissements publics dans les différentes transitions : climat, mobilité, etc., soutien à l’entrepreneuriat, stimulation d’activités à fort contenu en emploi, pension à temps partiel…) plus ambitieuses que celles activées à ce jour et bénéficier d’une conjoncture internationale soutenante, sans oublier une sortie par le haut de la crise sanitaire, pour atteindre l’objectif de 80%. Le tout, si possible, en renforçant l’équité dans l’accès à l’emploi, pour toutes et tous. Mais qui n’essaie pas ne réussira certainement pas.

Plus dans la note jointe.