Le point sur les familles monoparentales en Wallonie

avril 2nd, 2019

Le lancement le 7 mars 2019 d’un site spécifique consacré aux « Familles monoparentales » sur le portail de l’Action sociale wallonne est l’occasion de faire le point ; la dernière Brève de l’IDD propose quelques données qui permettent de mieux cadrer cette réalité :

  • au 1er janvier 2018 il y avait en Wallonie 192.000 ménages monoparentaux, contre 121.000 en 1991
  • la part des ménages monoparentaux dans le total des ménages privés est très stable autour de 12% depuis 2006
  • il se fait, cependant, que cette statistique ne correspond pas entièrement aux images véhiculées en matière de familles monoparentales, y compris dans la communication autour de ce nouveau site, à savoir une femme seule avec des jeunes enfants et/ou des enfants aux études ; deux constats essentiels à cet égard :

– 20% des chefs de ménage monoparentaux ont 60 ans ou plus ; difficile de faire coller les 60 et plus avec le public visé par la politique wallonne !
– 20% des enfants de ménages monoparentaux ont 25 ans ou plus

  • 83% des chefs de ménage monoparentaux de moins de 60 ans sont des femmes ; la proportion des hommes est en légère croissance depuis le début des années 2000 ;
  • un quart des enfants wallons de moins de 25 ans vivent dans une famille monoparentale ; cette proportion est stable depuis 2007
  • les chefs de ménage monoparentaux sont en moyenne économiquement plus précaires que les parents en couple ; c’est ce qu’indiquent notamment les statistiques du taux de pauvreté ; quelques indicateurs plus originaux  :

– les taux d’activité et d’emploi des chefs de famille monoparentale sont plus faibles que ceux des parents vivant en couple et les taux de chômage plus élevés ; les écarts sont particulièrement importants chez les jeunes parents ;
– au sein des chefs de ménage monoparentaux on observe à tous les âges un taux d’emploi significativement supérieur chez les hommes ; les femmes monoparentales subissent donc une double discrimination ;
– la proportion de parents seuls bénéficiaires du revenu d’intégration est très élevée par rapport aux autres parents, en particulier aux âges les plus jeunes ; exemple : dans la catégorie des 18-24 ans, la proportion est de 37% (!) pour les parents seuls contre 7% pour les autres parents ;
– ici aussi il y a une différence hommes-femmes en matière de revenu d’intégration ; c’est ainsi, par exemple, que la proportion de parents seuls bénéficiaires du revenu d’intégration est environ deux fois plus élevée chez les femmes que chez les hommes à partir de 30 ans.

Deux conclusions politiques :

  1. Il faut arrêter de considérer les ménages monoparentaux comme un grand tout indistinct ; on ne peut, par exemple, considérer de la même manière une maman seule avec deux jeunes enfants et un parent seul de 60 ans qui vit avec un enfant de 35 ans financièrement autonome.
  2. Il faut se donner les moyens de mieux comprendre les constats socio-économiques concernant les parents seuls : ceux-ci sont-ils plus souvent précaires que d’autres parents parce qu’ils se sont retrouvés seuls ou des parents économiquement précaires ont-ils un plus grande probabilité de se séparer ? Il y a probablement des deux explications ; raison de plus pour investiguer plus avant.

Plus d’informations dans la note jointe.

ÉMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE ET CROISSANCE ÉCONOMIQUE

mars 1st, 2019

(SAMENVATTING IN HET NEDERLANDS HIERONDER)

Au vu de l’actualité des dernières années et de la récente accélération de la prise de conscience, pas besoin de gloser sur le réchauffement climatique et ses conséquences. Les évolutions récentes (notamment l’augmentation tendancielle de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, qui a dépassé maintenant les 500 ppm en équivalent CO2) et les craintes relatives aux conséquences du réchauffement qui nous attend sont aujourd’hui bien documentées.

Dans ce contexte la dernière analyse de l’IDD a pour objet de rappeler l’ampleur du défi au vu des progrès insuffisants du découplage des émissions de gaz à effet de serre par rapport à la croissance économique.

Le découplage observé à l’échelle mondiale depuis 1970 est spectaculaire. Chaque unité de PIB produit aujourd’hui 60% moins de gaz à effet qu’en 1970.

Mais, comme l’économie mondiale a connu une forte croissance au cours de cette même période – 3,5%/an en moyenne –, le découplage observé est insuffisant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ; au contraire, on constate une augmentation tendancielle des émissions de gaz à effet de serre (X 2 depuis 1970).

Le calcul est certes hasardeux, mais instructif : en supposant que la tendance du découplage observée au cours des dernières années se maintienne, il faudrait limiter la croissance économique mondiale à moins de 2%/an pour d’abord stabiliser les émissions de CO2 liées à la combustion puis amorcer une très lente décrue, fort loin de ce qu’il faudrait pour contenir l’augmentation de la température en-deçà de 1,5°.

On peut supposer que l’augmentation des émissions de CO2 s’explique, en partie, par la stabilité à long terme du pouvoir d’achat énergétique mondial : en effet l’énergie est aujourd’hui aussi bon marché qu’avant le premier choc pétrolier.

Qu’en est-il en Belgique ? La baisse de l’intensité des émissions de gaz à effet de serre par unité de PIB (= découplage) est très importante aussi puisque en recul de 50% entre 1990 et 2017.  Au vu d’un taux de croissance moyen sur la période considérée d’un peu plus de 1,7%/an on assiste à une baisse significative des émissions de gaz à effet de serre de la Belgique qui, entre 1990 et 2017, ont reculé de 21%.

Tout indique que, malgré les mesures volontaristes qui sont intégrées dans le Projet du Plan National intégré Énergie Climat Belge 2021-2030, les progrès seront moindres d’ici à 2030. Au total, si toutes les conditions sont réunies, les émissions totales de la Belgique devraient se situer aux alentours de 103 Mt en 2030, soit 29% de moins qu’en 2005. J’avoue, ceci dit, avoir des questions sur la possibilité d’atteindre réellement certains objectifs dits volontaristes.

A supposer que l’on réussisse l’ambition affichée pour 2030, il resterait encore à accomplir une réduction des émissions de gaz à effet de serre de la Belgique de l’ordre de 96 Mt entre 2030 et 2050, soit -4,8 Mt par an, contre -2,0 Mt par an entre 1996 et 2017. Tout est possible, bien sûr, mais difficile d’imaginer qu’on y arrivera sans interroger le rythme de la croissance économique ou en tout cas les modes de vie qui soutiennent l’activité économique et sa croissance.

Plus d’informations dans la note jointe.

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UITSTOOT VAN BROEIKASGASSEN EN ECONOMISCHE GROEI

In het licht van de huidige gebeurtenissen van de afgelopen jaren en de recente toename van het bewustzijn is het niet nodig om de opwarming van de aarde en de gevolgen daarvan te detailleren. De recente ontwikkelingen (waaronder de toename van de concentratie van broeikasgassen in de atmosfeer, die nu meer dan 500 ppm CO2-equivalent bedraagt) en de angst voor de gevolgen van de opwarming die ons te wachten staat, zijn nu goed gedocumenteerd.

In deze context heeft de recente IDD-analyse tot doel de omvang van de uitdaging te benadrukken, gezien de ontoereikende vooruitgang bij het loskoppelen van broeikasgasemissies en economische groei.

De sinds 1970 wereldwijd waargenomen ontkoppeling is spectaculair. Elke eenheid van het wereld BBP produceert nu 60% minder broeikasgassen dan in 1970.

Aangezien de wereldeconomie in dezelfde periode echter sterk is gegroeid – gemiddeld 3,5%/jaar – is de waargenomen ontkoppeling onvoldoende om de uitstoot van broeikasgassen te verminderen; integendeel, de uitstoot van broeikasgassen is juist toegenomen (X 2 sinds 1970).

De berekening is zeker riskant, maar leerzaam: ervan uitgaande dat de ontkoppelingstendens van de afgelopen jaren zich voortzet, moet de wereldwijde economische groei worden beperkt tot minder dan 2%/jaar om eerst de verbrandingsgerelateerde CO2-uitstoot te stabiliseren en vervolgens een zeer langzame daling te beginnen, ver van wat nodig is om de temperatuurstijging onder 1,5° te houden.

Aangenomen mag worden dat de toename van de CO2-uitstoot deels te wijten is aan de stabiliteit van de mondiale energie koopkracht op lange termijn: energie is nu net zo goedkoop als voor de eerste oliecrisis.

Hoe zit het met België? De afname van de broeikasgasemissie-intensiteit per eenheid van het BBP (= ontkoppeling) is ook zeer significant, aangezien deze tussen 1990 en 2017 met 50% is gedaald. Rekening houdend met een gemiddelde groei over de beschouwde periode van iets meer dan 1,7%/jaar, is de Belgische uitstoot van broeikasgassen aanzienlijk gedaald, namelijk met 21% tussen 1990 en 2017.

Alles wijst erop dat, ondanks de proactieve maatregelen die geïntegreerd zijn in het Ontwerp van Belgisch geïntegreerd Nationaal Energie- en Klimaatplan 2021-2030, de vooruitgang tegen 2030 minder zal zijn. Als aan alle voorwaarden is voldaan, zal de totale Belgische uitstoot in 2030 naar verwachting ongeveer 103 Mt bedragen, wat 29% lager is dan in 2005. Maar ik moet echter bekennen dat ik vragen heb over de rëelle gevolgen van enkele proactieve maatregelen.

Ervan uitgaande dat de ambitie voor 2030 wordt gehaald, zou de Belgische uitstoot van broeikasgassen tussen 2030 en 2050 nog steeds met 96 Mt moeten worden verminderd, of -4,8 Mt per jaar, vergeleken met -2,0 Mt per jaar tussen 1996 en 2017. Alles is natuurlijk mogelijk, maar het is moeilijk voor te stellen dat we zullen slagen zonder zonder dat we onszelf vragen stellen over het tempo van de economische groei of in ieder geval over de levensstijlen die de economische activiteit en haar groei ondersteunen.

Meer informatie vindt u in de bijgevoegde nota.

Emploi : les performances (relatives) de la Belgique

février 17th, 2019

(Tekst in het nederlands hieronder)

On peut supposer que les « performances » de la Belgique en matière de créations d’emploi feront partie des thématiques abordées pendant la campagne électorale à venir.

Cette Brève de l’IDD veut alimenter ce débat avec trois séries d’indicateurs :

  • les évolutions globales en matière d’emploi et d’heures de travail, en distinguant trois périodes : 2005-2019, 2008-2019 et 2014-2019 
  • les évolutions de l’emploi dans quelques grands secteurs économiques pour la période 2014 à 2018
  • les évolutions en matière de contrats temporaires pour la période 2014 à 2018.

Les évolutions pour la Belgique sont comparées à celles de l’Union, de la zone EURO et de la moyenne des trois pays pris en considération dans la loi sur la compétitivité (Allemagne, France et Pays-Bas).

Les grandes tendances 

La Belgique fait mieux en matière d’emploi et d’heures travaillées que les zones de pays retenues comme points de comparaison sur la période 2005-2019 et 2008-2019 mais moins bien sur la période 2014-2019, celle du gouvernement Michel ; pour cette dernière période la zone Allemagne-France-Pays-Bas et la Belgique font cependant jeu égal en matière de création d’emplois = +5,2%.

On notera encore que, sur la période 2014-2019, la croissance de l’économie belge est inférieure à celle des trois zones économiques de comparaison.

Ceci dit, la Belgique se caractérise sur le long terme par de meilleures performances en matière de création d’heures de travail par point de croissance économique mais les performances relatives de la Belgique par rapport à la zone EURO12 et par rapport à la zone Allemagne-France-Pays-Bas stagnent depuis 2013.

Les créations d’emploi dans les grands secteurs économiques

Sur la période 2014-2018, on constate que

  • la Belgique a encore perdu des emplois industriels alors que les zones économiques de comparaison en ont créé ;
  • la Belgique a fait mieux que la zone Allemagne-France-Pays-Bas dans la construction et les services marchands ;
  • la Belgique a créé moins d’emplois dans les services non marchands.

Les emplois temporaires

Pour autant qu’on puisse tirer des conclusions au vu du changement de méthodologie intervenu dans l’Enquête sur les forces de travail début 2017 il semble que la proportion des emplois temporaires soit orientée à la hausse en Belgique, en absolu et en relatif.

Plus de détails dans la note jointe.

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Werkgelegenheid : (relatieve) prestaties van België

Aangenomen mag worden dat de « prestaties » van België wat betreft banenschepping één van de thema’s van de komende verkiezingscampagne zal zijn.

Deze IDD Brève beoogt dit debat te voeden met drie reeksen indicatoren:

  •     globale trends op het gebied van werkgelegenheid en het totaal van gewerkte uren, waarbij onderscheid wordt gemaakt tussen drie perioden: 2005-2019, 2008-2019 en 2014-2019
  •     de ontwikkeling van de werkgelegenheid in de grote economische sectoren voor de periode 2014-2018
  •     de ontwikkeling van de tijdelijke contracten voor de periode 2014-2018.

De ontwikkelingen voor België worden vergeleken met die van de Europese Unie, de eurozone en het gemiddelde van de drie landen waarmee rekening is gehouden in de Wet op het concurrentievermogen (Duitsland, Frankrijk en Nederland).

De belangrijkste trends

België doet het beter op het vlak van tewerkstelling en gewerkte uren dan de economische zones die als ijkpunten werden geselecteer in de periode 2005-2019 en 2008-2019, maar minder goed in de periode 2014-2019, namelijk die van de regering Michel; voor de laatste periode is België net zo goed als de Duitsland-Frankriijk-Nederland zone op het vlak van jobcreatie = +5,2%.

Ook moet worden opgemerkt dat de groei van de Belgische economie over de periode 2014-2019 lager ligt dan die van de drie vergelijkingszones.

Toch wordt België op lange termijn gekenmerkt door betere prestaties in termen van het creëren van werktijden per punt van economische groei, maar de relatieve prestaties van België in vergelijking met de EURO12-zone en de Duitsland-Frankrijk-Nederlandse zone sinds 2013 stagneren.

Schepping van banen in de belangrijkste economische sectoren

Over de periode 2014-2018 is te zien dat

  •     België heeft verder banen in de industrie verloren, terwijl de economische vergelijkingszones nieuwe banen hebben gecreëerd;
  •     België presteerde beter dan de Duitsland-Frankrijk-Nederlandse zone in de bouw- en marktdiensten;
  •     België heeft minder banen gecreëerd in de niet-marktdiensten.

Tijdelijke banen

Voor zover we conclusies kunnen trekken na de verandering van methodologie in de arbeidskrachtenenquête begin 2017, lijkt het aandeel van de tijdelijke banen in België een stijgende lijn te vertonen, zowel in absolute als in relatieve termen.

Meer details vindt u in de bijgevoegde nota.

Dans quels types de ménages vivent les seniors en Wallonie ?

février 17th, 2019

Il y a trois raisons au moins pour s’intéresser aux types de ménages dans lesquels vivent les seniors :

  1. On peut supposer que la nature et l’intensité des recours à des services à domicile varient selon la composition du ménage.
  2. On peut supposer que la nature du ménage et son évolution peuvent avoir un impact sur la mobilité résidentielle des aînés.
  3. Le taux de pauvreté est, toutes choses égales par ailleurs, plus élevé pour les personnes seules (et pour les personnes très âgées).

Explorer les liens entre la composition des ménages et ces trois dimensions des réalités vécues par nos aînés dépasse l’ambition d’une Brève de l’IDD. Celle-ci a pour seule objet de présenter quelques données pour la Wallonie.

Le tableau ci-après présente une vue d’ensemble au 1er janvier 2017:

Trois tendances essentielles peuvent être dégagées pour la période 1991-2017 :

  1. une stabilité de la proportion des personnes qui vivent seules, sauf pour les 75-84 ans où elle est en recul ;
  2. une augmentation tendancielle de la proportion de personnes âgées qui vivent en couple, en particulier pour les 75 et plus ;
  3. un recul de la proportion des ménages vivant dans d’autres types de ménages (couples avec enfants, chefs de famille monoparentale, etc.), en particulier chez les plus de 85 ans.

Les écarts entre communes peuvent être très importants ; illustration avec la proportion de personnes de 85 et plus qui vivent seules.

Plus d’informations dans la note jointe et son annexe.

Impact macrobudgétaire d’un relèvement,des allocations sociales minimales : Quelques éléments d’analyse de l’étude du Bureau du Plan

février 17th, 2019

Le Bureau fédéral du Plan vient de publier (décembre 2018) une étude intitulée « Impact macrobudgétaire d’un relèvement des allocations sociales minimales », étude réalisée à la demande du Vice-Premier ministre et ministre de l’Emploi, de l’Économie et des Consommateurs.

La Brève n°21 de l’IDD a pour objectif de commenter la démarche et les résultats de cette étude.

Pour ceux que cette problématique intéresse voir la note jointe.

Voici les principales conclusions : dans le dispositif testé par le Bureau fédéral du Plan

  • la situation financière des ménages concernés par la revalorisation des allocations sociales s’en trouve grandement améliorée
  • de très nombreuses personnes/ménages resteraient néanmoins sous le seuil de pauvreté
  • sans évolution des salaires nets, les différentiels salaire net – allocation sont réduits, voire deviennent négatifs
  • de très nombreuses personnes auraient désormais droit à un RIS (revenu d’intégration) partiel alors qu’elles n’y avaient pas droit dans le cadre des actuelles allocations sociales, ce qui implique un coût budgétaire ex-ante (largement?) supérieur au montant de 1,7 milliard avancé par le Bureau du Plan, sans compter l’éventuel coût budgétaire lié au relèvement du salaire minimum net.

Impacts d’une baisse de la TVA sur l’électricité à 6%

janvier 13th, 2019

(TEKST IN HET NEDERLANDS HIERONDER)

Comme en 2008 et en 2013, il est à nouveau proposé par divers mouvements sociaux et partis politiques de ramener la TVA sur l’électricité à 6%. Rappelons à cet égard que cette TVA a été abaissée à 6% au 1er avril 2014 et remontée à 21% le 1er septembre 2015 (mesure adoptée dans le cadre du financement du tax-shift).

Les impacts sur la facture des ménages d’une telle baisse =

  • la baisse moyenne de la facture d’électricité est de 11 € par mois, mais l’impact pour un petit consommateur qui ne se chauffe pas à l’électricité (consommation estimée ici à 1.200 kWh/an) est de 4 € seulement par mois ;
  • pour les 25% des ménages les plus pauvres l’impact moyen est de 8 € par mois mais il est inférieur pour ceux qui ne se chauffent pas à l’électricité ; il est par contre (beaucoup) plus élevé pour les ménages qui se chauffent partiellement ou totalement à l’électricité.

La perte de recettes fiscales est estimée à 630 millions.

Enfin, dimension trop souvent ignorée, le passage à 6% de la TVA sur l’électricité retarde le passage de l’indice-pivot. Très concrètement, en 2018, le franchissement de l’indice-pivot serait intervenu en décembre plutôt qu’en août.

Il est possible d’améliorer plus significativement le pouvoir d’achat des personnes à petits ou modestes revenus que de baisser la TVA sur l’électricité, et ce sans impact sur l’indexation des revenus.

L’addition de l’enveloppe bien-être de 716 millions prévue pour les années 2018 et 2019 et de l’équivalent du coût de la baisse de la TVA donnerait des moyens structurels d’environ 1.150 millions pour améliorer la situation des ménages en difficultés (énergétiques et autres).

Ces moyens peuvent servir à une augmentation de tout ou partie des prestation sociales, à la transformation des réductions fiscales pour enfants à charge en de véritables crédits d’impôt et au co-financement avec les régions d’un plan d’éradication du chauffage électrique.

De manière immédiate, une « simple » augmentation de 1% des prestations sociales les plus faibles donnerait aux ménages concernés plus qu’une baisse de la TVA sur l’électricité. Mais à court terme des moyens spécifiques doivent aussi être mobilisés pour aider les ménages à petits revenus qui se chauffent à l’électricité (une sorte de Fonds de Chauffage Électrique Social équivalent au Fonds Social Mazout existant ?).

Plus dans la note jointe.

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Gevolgen van een BTW-verlaging naar 6% voor elektriciteit

Net als in 2008 en 2013 wordt door verschillende sociale bewegingen en politieke partijen opnieuw voorgesteld om de btw op elektriciteit te verlagen tot 6%. In dit verband zij eraan herinnerd dat deze btw op 1 april 2014 werd verlaagd tot 6% en op 1 september 2015 werd verhoogd tot 21% (maatregel in het kader van de financiering van de tax-shift).

De impact van een dergelijke daling op de uitgaven van de gezinnen =

  • de gemiddelde vermindering van de elektriciteitsrekening is 11 € per maand, maar de impact voor een kleine verbruiker die niet verwarmt met elektriciteit (verondersteld verbruik van 1.200 kWh/jaar) is slechts 4 € per maand;
  • voor de armste 25% van de huishoudens is de gemiddelde impact 8 euro per maand, maar lager voor degenen die niet verwarmen met elektriciteit; het is daarentegen (veel) hoger voor huishoudens die zich geheel of gedeeltelijk verwarmen met elektriciteit.

Het verlies aan belastinginkomsten wordt geraamd op 630 miljoen euros.

Ten slotte, een verlaging van de btw op elektriciteit vertraagd de overschrijding van de spilindex. Heel concreet zou de jongste overschrijding gebeuren hebben in december 2018 in plaats van augustus 2018.

Het is mogelijk om de koopkracht van mensen met lage inkomen sterker te verbeteren dan om de btw op elektriciteit te verlagen, en zonder dat dit gevolgen heeft voor de inkomensindexering.

De toevoeging van het voor de jaren 2018 en 2019 geplande welvaartsenveloppe van 716 miljoen euro en het equivalent van de totale kost van de btw-verlaging zou structurele middelen van ongeveer 1.150 miljoen euro opleveren om de situatie van huishoudens met energieproblemen te verbeteren.

Deze middelen kunnen gebruikt zijn om alle of een deel van de sociale uitkeringen te verhogen, om belastingverlagingen voor kinderen ten laste om te zetten in echte belastingkredieten en om samen met de regio’s een plan te financieren om elektrische verwarming uit te bannen.

Onmiddellijk zou een « eenvoudige » verhoging met 1% van de laagste sociale uitkeringen de betrokken gezinnen meer opleveren dan een verlaging van de btw op elektriciteit. Maar op korte termijn moeten ook specifieke middelen gemobiliseerd zijn om huishoudens met een laag inkomen die zich met elektriciteit verwarmen te helpen (een soort Sociaal Elektrisch Verwarmingsfonds dat gelijkwaardig zou zijn aan het bestaande Sociaal Brandstoffonds?).

Meer in de bijgevoegde nota.

Il a vraiment augmenté le pouvoir d’achat ? « Non, peut-être »

janvier 6th, 2019

(TEKST IN HET NEDERLANDS HIERONDER)

Entre 2000 et 2017, le nombre de voyages en avion pour des vacances d’au moins 4 jours a été multiplié par deux, soit une augmentation de 100% ou 4,1% par an !

C’est un des nombreux indicateurs qui justifient qu’on puisse parler d’une extension, qualitative et quantitative, de la consommation depuis la fin du siècle passé.

En témoignent aussi les évolutions suivantes :

  • entre 2000 et 2016 le parc automobile total a augmenté de 20% et le nombre moyen de véhicules par ménage propriétaire de 15%
  • entre 2000 et 2016 le pourcentage de ménages propriétaires d’au moins un GSM est passé de 45% à 98%
  • entre 2000 et 2018, la proportion des ménages avec un accès à internet est passé de 23% à 87%
  • entre 2011 et 2018 le pourcentage de particuliers utilisant un téléphone mobile (ou smartphone) pour accéder à l’internet est passé de 17% à 69%
  • entre 2000 et 2017, le nombre de séjours touristiques de 1 à 3 nuits a augmenté de 67% (+142% pour les séjours hors Belgique) tandis que le nombre de séjours de 4 nuits et plus augmentait lui de 30% (+ 47% hors Belgique)
  • entre 2000 et 2016 la proportion de ménages équipés d’un lave-vaisselle a progressé de 41% à 62%
  • (d’autres évolutions encore dans la note jointe).

L’apparition et la diffusion de nouveaux produits/comportements doivent être mises en perspective. Voici quelques clés de lecture :

  • Certaines consommations se substituent partiellement ou totalement à d’autres. C’est certainement le cas, par exemple, d’une messagerie électronique qui se substitue à l’achat d’enveloppes et de timbres ou du GPS qui peut remplacer des cartes routières et des guides touristiques. Des panneaux photovoltaïques permettent des économies sur la facture d’électricité.
  • Mais dans de nombreuses configurations de comportements, il s’agit de consommations additionnelles. Typiquement une TV avec un abonnement classique type Proximus ou Voo combiné avec un abonnement de vidéo à la demande type Netflix. Une ligne téléphonique fixe avec un portable/smartphone. Une voiture et un vélo électrique. Des guides touristiques papier avec un GPS. Des livres papier et des livres électroniques. Un percolateur avec une machine à café avec dosettes/pads. Une machine à laver avec un séchoir. Un ordinateur avec un ordinateur portable et/ou une tablette et/ou un smartphone.
  • L’addition de consommations peut répondre à des logiques et dynamiques différentes : la force de l’habitude peut-être dans certains cas (pour le téléphone fixe ou le percolateur?), les ventes « forcées » (par exemple le GPS ou le conditionnement d’air livrés avec la voiture), le confort et la facilité (c’est en tout cas des avantages qu’y voient les consommateurs concernés ; typiquement le telebanking ou l’e-commerce), des besoins différenciés ou qui se différencient (regarder des films, lire ou écouter des musiques en fonction des lieux ou moments, utiliser différents modes de transport en fonction des distances ou des conditions climatiques), des baisses de prix (vols aériens par exemple) qui permettent l’accès de produits à de nouveaux consommateurs ou l’intensification de leur consommation pour ceux qui  les consommaient déjà, et l’addition de « nouvelles expériences », à savoir des consommations qui ajoutent quelque chose de (vraiment?) neuf, comme par exemple la recherche d’informations sur le web.

Ceci posé, un malaise est souvent exprimé à propos de l’évolution du pouvoir d’achat, malaise qu’on peut résumer par le quasi universel « j’ai de moins en moins dans mon caddie » (qu’avant, pour 100 euros, etc.). Ce malaise peut s’expliquer par les raisons suivantes :

  • les parcours individuels (perte d’un emploi par exemple) génèrent des situations de baisse de niveau de vie très marquée ; les diminutions de niveau de vie marquent plus que les augmentations ; les fluctuations individuelles peuvent donc s’éloigner de la tendance moyenne ;
  • une part croissante des dépenses est contrainte ou vécue comme telle ; on pense en particulier aux dépenses qui tombent tous les mois, le plus souvent via des ordres permanents (loyer ou remboursement hypothécaire, mensualités diverses, dépenses scolaires, abonnements…) ;
  • un effet d’habituation : une fois intégrés (et cela va très vite) un nouveau produit et les nouveaux comportements qui vont avec sont considérés comme une consommation « allant de soi » ; il en va de même pour l’intensification de certaines consommations (partir deux fois en vacances plutôt qu’une fois) ; les couches de consommations s’accumulent, faisant en permanence pression sur le budget disponible ;
  • l’envie d’accéder à des consommations auxquelles on n’a pas encore d’accès, voire auxquelles il est peu probable d’avoir accès un jour, est stimulée par la diffusion de ces consommations, qui au départ en tout cas sont des consommations positionnelles, et l’exposition permanente à des médias qui les évoquent, directement ou indirectement ; pouvoir d’achat et vouloir d’achat(s) ce n’est pas la même chose ; on peut avoir besoin de se changer l’esprit et de vivre une nouvelle expérience mais envie de le rencontrer par un voyage lointain ; on peut éprouver un sentiment de déprivation parce que les réalités sont en-deçà des attentes, des espoirs ; les réseaux sociaux peuvent avoir accentué la pression née de la comparaison avec d’autres ;
  • ce sont les dépenses régulières qui ont vu leur prix augmenter le plus depuis une vingtaine d’années ; le consommateur n’a pas une longue mémoire ; il se souvient peu de l’avant et donc de la faible augmentation, voire de la diminution, des prix de l’habillement, de l’électroménager, des communications téléphoniques ;
  • dans la foulée de cette observation, on peut aussi émettre l’hypothèse que l’augmentation de l’offre dans des consommations non essentielles ou moins essentielles que le logement, la nourriture de base… conduise à estimer que ces dépenses contraintes sont encore trop lourdes et pèsent sur l’accessibilité financière à ces nouvelles possibilités ;
  • le maintien d’un niveau de vie ou la volonté d’étendre son périmètre de consommation peut conduire à diminuer ou à réduire à rien l’épargne ; cette dimension est trop souvent négligée dans les débats ; ceci peut générer du stress quand survient un accident ou générer un fond d’inquiétude permanent ;
  • surtout dans les classes moyennes, et par percolation dans une partie des ménages moins nantis, prennent une place croissante des dépenses liées à la préparation des enfants pour leur assurer succès et réussite, ou en tout cas l’envie de telles dépenses, le tout dans un contexte où l’éducation est plus compétitive et où les activités que l’on fait faire à ses enfants peuvent aussi être des biens positionnels ;
  • enfin, il est évident que de nombreux ménages se débattent avec des budgets à ce point étriqués qu’ils conduisent à des choix impossibles, à des frustrations compréhensibles certainement, légitimes pour beaucoup, et à une participation sociétale insuffisante.

Il faut aller plus loin encore dans l’analyse. Outre la question philosophique bien connue et bien travaillée – tout ceci nous rend-t-il heureux ? – il y a évidemment des liens entre les évolutions des consommations décrites ci-dessus et le défi de la grande transition énergétique qui devrait nous mobiliser plus et se traduire par un effort sociétal plus massif que celui consenti à ce jour. Ma conviction est aujourd’hui qu’une partie de cet effort passera par des moindres consommations, au moins transitoirement. A cet égard, la nature de certaines consommations nouvelles – qui stimulent un peu plus encore un sentiment de toute puissance : toujours plus, plus loin, plus vite – et l’empreinte écologique d’autres comportements – notablement l’explosion des voyages aériens auxquels personne n’ose toucher – ne me rendent pas particulièrement optimiste.

Plus de données et d’analyses dans la note jointe.

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Is de koopkracht echt toegenomen ?

Tussen 2000 en 2017 is het aantal vluchten voor vakanties van minstens 4 dagen verdubbeld, een stijging van 100% of 4,1% per jaar!

Dit is een van de vele indicatoren die een kwalitatieve en kwantitatieve uitbreiding van de consumptie sinds het einde van de vorige eeuw rechtvaardigen.

Dit komt ook tot uiting in de volgende ontwikkelingen:

  • tussen 2000 en 2016 is het totale wagenpark met 20% toegenomen en het gemiddelde aantal voertuigen per eigenaarshuishouden met 15%.
  • tussen 2000 en 2016 is het percentage huishoudens met ten minste één mobiele telefoon gestegen van 45% naar 98%.
  • tussen 2000 en 2018 is het aandeel van de huishoudens met internettoegang gestegen van 23% tot 87%.
  • tussen 2011 en 2018 is het percentage personen dat een mobiele telefoon (of smartphone) gebruikt om toegang te krijgen tot het internet gestegen van 17% naar 69%.
  • tussen 2000 en 2017 is het aantal toeristische verblijven van 1 tot 3 nachten met 67% gestegen (+142% voor verblijven buiten België) terwijl het aantal verblijven van 4 nachten of meer met 30% is gestegen (+47% buiten België)
  • tussen 2000 en 2016 is het aandeel huishoudens met een afwasmachine gestegen van 41% tot 62%.
  • (andere voorbeelden in de bijgevoegde nota).

Hier zij enkele sleutels om de verspreiding van nieuwe producten/gedragingen te lezen:

  • Sommige consumpties vervangen andere geheel of gedeeltelijk. Dit is bijvoorbeeld het geval voor een mailsysteem dat de aankoop van enveloppen en postzegels vervangt of GPS dat wegenkaarten en toeristische gidsen kan vervangen. Met fotovoltaïsche panelen kan op de elektriciteitsrekening worden bespaard.
  • Maar in veel gedragsconfiguraties zijn dit extra verbruiken. Typisch een TV met een klassiek abonnement zoals Proximus of Voo in combinatie met een video-on-demand abonnement zoals Netflix. Een vaste telefoonlijn met een mobiele/smartphone. Een auto en een elektrische fiets. Papieren toeristische gidsen met GPS. Papier en elektronische boeken. Een percolator met een koffiezetapparaat met pads. Een wasmachine met een droger. Een computer met laptop en/of tablet en/of smartphone.
  • De toevoeging van consumpties kan inspelen op verschillende logica en dynamiek: de kracht van gewoonte in sommige gevallen (voor de vaste telefoon of de percolator?), « gedwongen » verkoop (bv. GPS of airco geleverd met de auto), comfort en gemak (tenminste dat zijn de voordelen die de betrokken consumenten erin zien : typisch telebankieren of e-commerce), gedifferentieerde behoeften (kijken naar films, lezen of naar muziek luisteren naar gelang van de plaats of het tijdstip, gebruik makend van verschillende vervoerswijzen naargelang van de afstand of de klimatologische omstandigheden), prijsverlagingen (bijvoorbeeld vliegreizen) die de toegang tot nieuwe consumenten of de intensivering van hun verbruik mogelijk maken voor degenen die ze al consumeerden, en de toevoeging van « nieuwe ervaringen », d.w.z. consumpties die iets toevoegen, zoals het zoeken naar informatie op het web.

Dit gezegd zijnde, wordt er vaak een onbehagen geuit over de ontwikkeling van de koopkracht ; dit ongemak kan verklaard worden door de volgende redenen:

  • individuele trajecten (bijvoorbeeld verlies van werkgelegenheid) kunnen afwijken van de gemiddelde trend;
  • een groeiend deel van de uitgaven wordt beperkt of als zodanig ervaren; we denken in het bijzonder aan uitgaven die elke maand dalen, meestal via doorlopende opdrachten (huur- of hypotheekaflossing, diverse maandelijkse betalingen, schoolkosten, abonnementen….) ;
  • een gewoonte effect: zodra een nieuw product is geïntegreerd (en dit gaat heel snel) en de nieuwe gedragingen die ermee gepaard gaan, worden beschouwd als « vanzelfsprekende » consumptie; hetzelfde geldt voor de intensivering van bepaalde consumptie (twee keer op vakantie gaan in plaats van een keer) ; de lagen van consumptie accumuleren, waardoor het beschikbare budget voortdurend onder druk komt te staan ;
  • de wens om toegang te krijgen tot consumpties waartoe we nog geen toegang hebben of waartoe het onwaarschijnlijk is dat het ooit toegang zal hebben, wordt gestimuleerd door de verspreiding van deze consumpties en wat de verschillende media ervan zeggen of tonen ; sociale netwerken kunnen de druk van vergelijking met anderen hebben vergroot ;
  • het zijn de regelmatige uitgaven die de afgelopen twintig jaar het meest zijn gestegen; de consument heeft geen lang geheugen; hij heeft weinig herinneringen aan het verleden en dus aan de lichte stijging of zelfs daling van de prijzen van kleding, huishoudapparaten en telefoongesprekken ;
  • de hypothese kan ook worden gesteld dat de toename van het aanbod van niet-essentiële of minder essentiële consumptie dan van huisvesting, basisvoedingsmiddelen…. tot de conclusie leidt dat deze uitgaven nog steeds te hoog zijn en wegen op de financiële toegankelijkheid van deze nieuwe mogelijkheden ;
  • het behoud van een levensstandaard of de wens om de omvang van de consumptie uit te breiden kan leiden tot een vermindering van de besparingen ; deze dimensie wordt te vaak verwaarloosd in debatten ; dit kan stress veroorzaken wanneer zich een ongeval voordoet of een permanente reden tot bezorgdheid geven ;
  • vooral in de middenklasse, en door percolatie in sommige minder welgestelde gezinnen, een toenemende plaats in te nemen van de uitgaven in verband met de voorbereiding van kinderen om hun succes te verzekeren, of althans de wens om dergelijke uitgaven te doen, dit alles in een context waar het onderwijs concurrerender is en waar de activiteiten die men kinderen maakt ook positionele goederen kunnen zijn;
  • tot slot is het duidelijk dat veel huishoudens worstelen met zulke krappe budgetten dat ze leiden tot onmogelijke keuzes, begrijpelijke frustraties, zeker legitiem voor velen, en onvoldoende maatschappelijke participatie.

We moeten nog verder gaan in de analyse. Naast de bekende filosofische vraag – maakt dit alles ons gelukkig? – er zijn duidelijk verbanden tussen de hierboven beschreven veranderingen in het verbruik en de uitdaging van de grote energietransitie, die ons meer zou moeten mobiliseren en zou moeten leiden tot een grotere maatschappelijke inspanning dan tot nu toe. Mijn overtuiging vandaag is dat een deel van deze inspanning, althans tijdelijk, minder consumptie zal vergen. In dit opzicht maken de aard van sommige nieuwe consumpties – die een gevoel van almacht stimuleren : steeds verder, meer, sneller – en de ecologische voetafdruk van andere gedragingen – met name de explosie van het vliegverkeer die niemand durft aan te raken – mij niet bijzonder optimistisch.

Meer informatie is te vinden in de bijgevoegde nota.

Comment ont évolué les prix entre 1998 et 2018 ?

décembre 4th, 2018

(TEKST IN HET NEDERLANDS HIERONDER)

Les plaintes de gilets jaunes relancent, une fois de plus, la même question : le pouvoir d’achat a-t-il augmenté ou diminué ? Et les réponses, mêmes nuancées, suscitent toujours le même scepticisme.

Scepticisme quand les calculs aboutissent à montrer que, sur une longue période, le pouvoir d’achat moyen a augmenté. Scepticisme encore alors que les évolutions récentes confirment que le pouvoir d’achat moyen remonte au cours des dernières années (après un recul significatif attribuable à la « crise »).

Dans la foulée d’exercices antérieurs de même nature, cette Brève de l’IDD s’intéresse cette fois-ci à l’évolution des prix entre 1998 et 2018, période pour laquelle on dispose d’environ 130 indices de prix, tantôt pour des produits spécifiques (ex : le pain, les livres, le gaz…), tantôt pour des gammes de produits (ex : articles d’habillement, services culturels…).

Voici le texte et l’annexe.

Hoe zijn de prijzen tussen 1998 en 2018 veranderd ?

De klachten over de « gilets jaunes » roepen opnieuw dezelfde vraag op: is de koopkracht toegenomen of afgenomen? En de antwoorden, ook al zijn ze genuanceerd, roepen altijd hetzelfde scepticisme op.

Scepticisme wanneer uit berekeningen blijkt dat de gemiddelde koopkracht over een lange periode is toegenomen. Het scepticisme blijft bestaan, terwijl de recente ontwikkelingen bevestigen dat de gemiddelde koopkracht de afgelopen jaren is gestegen (na een aanzienlijke daling als gevolg van de « crisis »).

In navolging van voorgaande studies van dezelfde aard richt deze IDD nota zich ditmaal op de prijsontwikkeling tussen 1998 en 2018, een periode waarvoor ongeveer 130 prijsindexen beschikbaar zijn, soms voor specifieke producten (bv. brood, boeken, gas, enz.), soms voor productassortimenten (bv. kledingstukken, culturele diensten, enz.).

Zie hier voor de nota et de bijlage.

Les prix de l’essence et du diesel entre 1970 et 2018

novembre 12th, 2018

(TEKST IN HET NEDERLANDS HIERONDER)

Les médias français ont récemment évoqué diverses initiatives populaires appelant à manifester contre la hausse des prix des carburants routiers et du diesel en particulier. Une initiative semblable semble se faire jour en Belgique.

Il est un fait que les prix des carburants routiers ont significativement augmenté en Belgique aussi au cours des derniers mois, en particulier le diesel ; le prix (maximum) du diesel a ainsi augmenté de 16% entre début novembre 2017 et début novembre 2018.

Dans ce contexte toujours sensible, tant les prix à la pompe sont durement ressentis quand ils sont à la hausse, la Brève n° 18 de l’Institut pour un Développement Durable essaye de visualiser et d’analyser l’évolution des prix des carburants depuis 1970, période qui se situa peu avant ce qu’il est convenu d’appeler le premier choc pétrolier.

Premier constat : le prix maximum du diesel a été multiplié par presque 13 entre début 1970 et fin 2018 ; le prix de l’essence de 98 n’a lui été multiplié « que » par 7.

Les prix des carburants routiers ont, sur le long terme, évolué plus vite que l’indice des prix. Mais quand on déflate (= « diviser ») les indices des prix des carburants par l’indice général pour obtenir ce qu’on appelle les évolutions « réelles », les évolutions en deviennent moins spectaculaires. C’est ainsi que le prix réel de l’essence est en 2018 à un niveau inférieur aux prix de la période entre 2004 et 2015 ; quant au prix réel du diesel il est de 10% inférieur au maximum historique observé en 2012.

Pour mettre en perspective l’évolution des prix des carburants il faut également tenir compte
1° de l’évolution des autres coûts d’utilisation des véhicules, qui évoluent sur une longue période moins vite que ceux des carburants
2° de l’évolution du prix d’achat des véhicules routiers
3° de l’évolution du revenu disponible.
Entre 1970 et 2018, le revenu disponible (à prix courants) moyen a augmenté plus vite que le coût moyen (achat + utilisation) des véhicules routiers.

Si en outre on tient compte de l’amélioration de l’efficacité énergétique des voitures (environ 30% sur le long terme?), on peut affirmer que, proportionnellement au revenu disponible, se déplacer en auto coûte moins cher aujourd’hui qu’au début des années 70.

Mais on peut aussi comprendre que cette observation ne sera pas audible par ceux qui sont surtout influencés par les hausses à court terme des prix des carburants routiers – le consommateur a une mémoire défaillante pour ce qui est d’un passé plus ou moins distant – et ne satisfera pas ceux qui, avec de faibles revenus, assument difficilement les hausses récentes des prix de l’essence et du diesel alors même qu’ils ne peuvent pas se passer de la voiture pour des raisons professionnelles.

Les constats de cette Brève doivent être intégrés dans la mise en œuvre de la nécessaire transition écologique si on veut rencontrer à la fois des objectifs environnementaux et des préoccupations d’un partage plus juste du pouvoir d’achat.

Plus d’informations dans la note et l’annexe jointes.

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Benzine- en dieselprijzen tussen 1970 en 2018

De Franse media berichtten onlangs over diverse populaire initiatieven waarin werd opgeroepen tot demonstraties tegen de stijging van de brandstofprijzen en met name van de dieselprijs. Een gelijkaardig initiatief lijkt zich in België te ontwikkelen.

Het is een feit dat de prijzen van brandstoffen voor het wegvervoer in België de laatste maanden ook aanzienlijk zijn gestegen, met name van diesel; de (maximum)prijs van diesel is dus met 16% gestegen tussen begin november 2017 en begin november 2018.

In deze context, die altijd gevoelig ligt wanneer de prijzen aan de pomp sterk stijgen, probeert de « Brève n° 18 » van het Instituut voor Duurzame Ontwikkeling de evolutie van de brandstofprijzen sinds 1970, een periode die kort voor de zogenaamde eerste oliecrisis plaatsvond, te visualiseren en te analyseren.

Eerste vaststelling: de maximumprijs van diesel is tussen begin 1970 en eind 2018 bijna 13 keer zo hoog geworden; de prijs van benzine werd in 1998 « slechts » met 7 vermenigvuldigd.

De prijzen van motorbrandstof zijn op de lange termijn sneller gestegen dan de prijsindex. Maar wanneer de brandstofprijsindexen worden gedeflateerd (= « gedeeld ») door de algemene index om zogenaamde « reële » ontwikkelingen te verkrijgen, worden de ontwikkelingen minder spectaculair. De reële prijs van benzine in 2018 is bevoorbeeld lager dan de prijzen van de periode tussen 2004 en 2015; de reële prijs van diesel ligt vandaag 10% lager dan het historische maximum in 2012.

Om de ontwikkeling van de brandstofprijzen in perspectief te plaatsen, moet ook rekening worden gehouden met
(1) de ontwikkeling van andere kosten van voertuigen, die zich over een lange periode en in een langzamer tempo ontwikkelen dan die van de brandstoffen
(2) de verandering in de aankoopprijs van wegvoertuigen
(3) de evolutie van het beschikbaar inkomen.

Tussen 1970 en 2018 is het gemiddelde beschikbaar inkomen sneller gestegen dan de gemiddelde kostprijs (aankoop + gebruik) van wegvoertuigen.

Als we ook rekening houden met de verbetering van de brandstofefficiëntie van auto’s (ongeveer 30% op lange termijn?), kunnen we stellen dat, in verhouding tot het beschikbaar inkomeninkomen, het reizen met de auto vandaag goedkoper is dan in het begin van de jaren 1970.

Maar het is ook begrijpelijk dat deze constatering niet hoorbaar zal zijn voor degenen die voornamelijk beïnvloed worden door de kortetermijnstijgingen van de brandstofprijzen op de weg – de consument heeft een slecht geheugen van een min of meer ver verleden – en niet zal voldoen aan degenen die, met lage inkomens, moeite hebben om de recente stijgingen van de benzine- en dieselprijzen op te vangen, ook al kunnen ze om professionele redenen niet zonder de auto.

De bevindingen van deze briefing moeten worden geïntegreerd in de uitvoering van de noodzakelijke ecologische transitie als we zowel de milieudoelstellingen als de zorg voor een eerlijker verdeling van de koopkracht willen realiseren.

Meer informatie vindt u in de bijgevoegde nota.

Les salaires entre 2014 et 2018 : ni le PTB, ni Michel n’ont (tout à fait) raison

octobre 2nd, 2018

Le PTB a récemment publié une étude intitulée : « UN TRANSFERT DE PRÈS DE 9 MILLIARDS DES POCHES DES SALARIÉS VERS LES PROFITS DES ENTREPRISES – UNE PERTE MENSUELLE DE 191 EUROS POUR CHAQUE TRAVAILLEUR SALARIÉ » rédigée par son service d’études.

La principale conclusion de l’étude est : « Entre 2014 et 2017, la part des salaires (dans le Revenu National Brut) a reculé de 2 %. (…) À l’inverse, la part des profits des entreprises a augmenté de 2,7 %. Cela veut dire que les entreprises ont engrangé annuellement 12 milliards d’euros de profit supplémentaire. »

Baisse de la part des salaires il y a, c’est incontestable. Mais le PTB commet plusieurs erreurs méthodologiques dans son analyse :

  1. Il prend comme référence le Revenu National Brut (RNB) plutôt que le Produit Intérieur Brut (PIB), référence choisie par la plupart des études. A juste titre, puisque l’évolution de la part des salaires dans la valeur ajoutée dépend largement de décisions prises sur le territoire belge.
  2. Alors qu’elle cite les indépendants dans le résumé introductif, le reste de l’étude ne tient compte que des seuls salariés. Or il est évident que dans les revenus d’une activité d’indépendant il y a une part travail et une part capital.
  3. Ne pas tenir compte de la dépréciation du capital dans les « profits » conduit évidemment à sur-estimer la part des profits.
  4. Enfin, les calculs du PTB sont effectués pour un moment conjoncturel particulier, à savoir une « sortie de crise ». Il faut évidemment tenir compte des fluctuations conjoncturelles pour apprécier les évolutions dans le partage de la valeur ajoutée.

On ajoutera encore qu’opposer salariés et propriétaires du capital financier en deux « blocs » séparés/étanches néglige le fait qu’une part des dividendes est versée à des salariés et indépendants pensionnés au travers des divers dispositifs visant à fournir des revenus complémentaires (fonds de pension, épargne-pension…).

Corriger l’approche du PTB, sur base des lignes directrices détaillées ci-dessus, conduit aux constats suivants :

  1. La part des revenus du travail est évidemment plus élevée dès lors que l’on intègre, à juste titre, les revenus du travail des indépendants.
  2. La part des revenus du travail baisse entre 2014 et 2017, c’est incontestable, mais revient, en 2017, à son niveau d’avant la crise. De l’art de choisir les périodes de référence…
  3. La part des « profits » dans la valeur ajoutée, une fois que l’on a tenu compte de la dépréciation du capital et de la part travail des indépendants, est en hausse depuis 2013 mais est encore, en 2017, inférieure à celle observée entre 2004 et 2007. Par ailleurs on ne constate pas une hausse tendancielle sur une longue période de la part des profits comme l’affirme l’étude du PTB.

La réponse du parti du Premier ministre et du MR à l’étude du PTB porte, pour l’essentiel, sur l’évolution des salaires nets induite par le tax-shift.

L’augmentation moyenne des salaires bruts nominaux (hors ancienneté et autres évolutions) entre le début 2015 et la fin 2018 est très proche de 6%. C’est cette augmentation nominale qui a été retenue dans le calcul des évolutions des salaires nets ci-après. L’évolution – sur la même période – des salaires réels a été négative d’environ 2%, conséquence bien évidemment du saut d’index.

Pour essayer d’y voir clair sur l’augmentation du pouvoir d’achat des salaires, et des petits salaires en particulier (principale « cible » du tax-shift), l’Institut pour un Développement Durable a calculé l’évolution entre le début 2015 et la fin 2018 du salaire net, en absolu et en pourcentage, pour divers petits salaires, à temps plein ou à temps partiel. Le tableau suivant donne les résultats pour 4 situations emblématiques (il y en a plus dans l’étude) :

Voici les principaux constats :

  1. L’évolution du pouvoir d’achat entre le début 2015 et la fin 2018 se situe entre une baisse de -10 €/mois ou -0,9% (situation d’un parent seul avec 2 enfants travaillant à temps partiel et gagnant 1.200 € bruts par mois) et une hausse de 86 €/mois ou +6,1% pour un travailleur à temps plein payé au salaire minimum garanti ;
  2. Ce dernier montant est loin des 140 € annoncés pour 2 raisons : 1° le calcul intègre les conséquences du saut d’index et 2° la réforme du précompte professionnel doit encore se poursuivre jusqu’en 2020.
  3. C’est la prise en compte du saut d’index qui explique des (modestes) reculs du pouvoir d’achat pour les parents seuls travaillant à temps partiel ; en effet, les changements des paramètres fiscaux rapportent peu aux personnes concernées dans la mesure où avant la réforme fiscale ils/elles ne payaient déjà pas de précompte professionnel ou très peu ;
  4. Avec les niveaux de salaires considérés les personnes à temps partiel retirent un intérêt (proportionnellement) moindre de la réforme fiscale que les personnes à temps plein et les parents seuls avec 2 enfants un intérêt moindre que les personnes isolées ; or ceux et celles qui ne bénéficient pas beaucoup de cette réforme fiscale sont souvent des personnes/ménages précaires ;
  5. Un des buts de la réforme est d’accroître le différentiel entre le salaire net et les allocations (minimales en tout cas) ; si on prend comme référence le revenu d’intégration (RIS), le différentiel s’accroît de quelques pour-cents pour les personnes à temps plein ; pour les personnes isolées à temps partiel, le différentiel ne bouge pas de manière significative et se réduit même pour les tous petits salaires ; enfin, pour les parents seuls avec 2 enfants travaillant à temps partiel le revenu d’intégration demeure largement supérieur au salaire net reçu en cas de travail à temps partiel ;
  6. Si on devait tenir compte des dépenses liées à l’emploi (déplacements et, le cas échéant, des frais spécifiques liés à la garde d’enfants), le différentiel salaire/allocations se réduit de toute manière à pas grand chose pour de nombreux travailleurs précaires, avec ou sans tax-shift.

Deux messages :

  1. Le partage de la valeur ajoutée doit être considérée globalement, en y intégrant le travail des indépendants et en connaissant mieux la répartition des dividendes.
  2. Une fois de plus les travailleurs à temps partiel et les parents seuls avec enfants qui ont des bas salaires sont moins bien considérés. Il faudra encore beaucoup de pédagogie pour expliquer que seul un revenu de base peut, pour ces catégories et pour d’autres, réduire les pièges à l’emploi tout en garantissant un revenu correct en l’absence d’emploi.

Plus de données et commentaires dans la note jointe.